Quel joli printemps

Avec le retour des beaux jours, ici comme ailleurs, on respire mieux. L’humour change, on se risque sur les bancs ou sous les bois a la recherche des premières feuilles d’un vert si doux ou des touches de couleurs bien vivantes perçants les frimas d’un hiver bien long… Et il fut long en effet. Vents froids venus du nord, flocons aux relents de réunification qui mirent du temps à fondre, glaçons glaçants le dos postés par la très nordiste assemblée inter jurassienne…

Jeux de neige, jeux de peines !

Le printemps est revenu et l’automne avec. Feuilles noircies, jaunes ou rouges…

L’automne de notre liberté, le 16 mars en différé !

Osons, oui osons le dire, même le méchant devient gentil avec le retour du printemps. Osons le dialogue, le respect, l’amitié d’un temps si lointain que l’on ne s’en souvient plus. Osons construire ensemble ou reconstruire, osons la paix ou le mariage pour tous avec   les vers dans le fruit d’hier, osons nous aimer, osons partager la nouvelle saison. Osons se lit un peu partout.

C’est étrange tout de même comme les gens changent ? Hier ils me traitaient de traitre, de vendu, de voyou et ce soir m’invitent à partager une salade de cramias sous leurs tonnelles naissantes…

Regardant la nature verdir, je me suis posé sur un banc. Ces changements, naturels ou pas, me perturbaient… Une jeune fille, un livre à la main passa, me salua, continua quelques pas puis se retourna. Tu as l’air bien pensif, mon Cher, me dit elle. C’est juste que  leur tactique m’intrigue, quelques chose ne va pas dans ce printemps. Elle me sourit et me dit, lis donc ce passage annoté dans ce livre de Racine. Sous mes yeux, souligné,  je lisais : J’embrasse mon rival mais c’est pour l’étouffer. Je l’embrassai sur le champ, tout devenait logique. Ce printemps sentait la magouille, le mensonge, l’intox !

Il était temps de me réveiller, mon Pays est en danger. Je lui ai dit merci, je vais ressortir mes pinceaux. Elle me remercia a son tour et me dit en partant : N’oublies pas, grands prometteurs sont petits donneurs, il n’y a pas de mémoire plus courte que celles des menteurs…

J’ai repris ma route en souriant dans ce joli printemps convaincu que la victoire était proche, que les jonquilles, demain, refleuriront dans notre jura bernois.

Ne cédons pas aux pressions de voisins jaloux ! Rejoignez-moi, allons cueillir notre liberté renouvelée dans notre Pays Bernois !

NON le 24 novembre.  

Caravane du Jura Bernois, G.-A. Houriet

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