Réaction suite à la motion du RPJ – « Terrain et outil »

Développement intercommunal, fusion économique, création d’une structure intercommunale, collaboration, intérêts communs, etc. Ceci arrive sur la table de « la communauté de destin » pile au bon moment, c’est-à-dire un an après la mise en standby du projet de rapprochement et/ou fusion de la couronne prévôtoise (cf. décision prise le 2 mai 2012) et juste avant un certain 24 novembre 2013. Aurait-on déjà oublié, sciemment ouinconsciemment, qu’un vrai projet est en cours ?

Pour rappel :

  1. Un processus de fusion avait démarré il y a de cela plusieurs années. Durant un certain automne électoral en 2010, Moutier avait manifesté sa volonté de rejoindre le projet en cours. Les communes avoisinantes avaient alors accepté l’intégration de la ville dans le processus et avaient également accepté de recommencer l’étude stratégique et de se plier à nouveau aux nombreuses séances de notation, aux entretiens et aux multiples autres rencontres utiles à l’élaboration du projet. Que de temps dépensé à tout recommencer ! Pourtant cela faisait sens du point de vue des petites communes car ce projet était, pour elles, motivé par la recherche d’efficience,d’économies d’échelle, et d’efficacité dans les tâches quotidiennes qui leur incombent.
  2. Soudainement, au printemps 2012, le projet a été suspendu en raison de la position des autorités de la ville de Moutier, Conseil municipal et Conseil de ville, relative à la Question jurassienne (cf. publication de la Déclaration d’intention du 20 février 2012).
  3. La mise en standby du projet a été clairement définie jusqu’à l’échéance du vote institutionnel prévu à l’échelle du Jura bernois, soit le 24 novembre 2013. En effet, c’est bien en raison de ce vote, et jusqu’à celui-ci, que le projet a été suspendu. Le processus doit reprendre après cette échéance.
  4. La loi cantonale sur les fusions est valable jusqu’à la fin de l’année 2016. Le solde de la subvention accordée par le canton de Berne pour le processus en cours, utilisée à ce jour à hauteur de CHF 70'000, reste à disposition d’ici à l’échéance de 2016. A noter qu’à l’avenir des communes pourront être obligées, selon certains critères, à fusionner. A leurs frais.

Une suspension de projet signifie-t-elle que les collaborations sont impossibles ? Non. Les collaborations sont utiles, saines, et immanquables dans de nombreux domaines. Une suspension de projet de fusion signifie-t-elle qu’un autre projet semblable en apparence peut le remplacer ? Non. Suspension signifie reprise à terme, d’autant plus quand on sait ce qui a déjà été investi.

Une suspension de projet motivée par les aspirations émotivo-historiques de quelquesuns signifie-t-elle qu’un autre projet motivé par des arguments économiques (en apparence) peut désormais bénéficier du devant de la scène ? Non. Surtout quand on sait que les instigateurs du projet bis étaient contre le projet initial.

Evidemment, les communes du CIGV ont quelques terrains à disposition. Evidemment, la commune de Moutier manque de terrains industriels de qualité. Evidemment, les efforts du délégué économique Francis Koller sont honorables, non seulement pour la ville mais également pour la région.Toutefois, pourrait-on cesser d’occulter ce projet de fusion à chaque occasion et pourrait-on cesser d’instrumentaliser les communes du CIGV ? La stratégie est claire : comment trouver des moyens de prendre en otage les communes de la couronne prévôtoise dans la perspective d’un potentiel vote communaliste. La manoeuvre est limpide : « Préparons leur terrain avec nos outils ! »

Virginie Heyer, maire de Perrefitte et présidente du CIGV

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