Courrier de Notre Jura bernois - Marc-André Houmard

L ‘échéance du 24 novembre approchant, l’opinion dans le Jura bernois se fait attentive aux arguments des camps en présence focalisés, observe-t-elle, sur l’interprétation divergente des conséquences d’un scrutin historique.

Dans ce contexte, l’astuce des partisans de l’absorption du Jura bernois par la République et canton du Jura vise à semer le doute sur les enjeux réels de la votation.

Voyant que sur le fond de la question ils ne l’emportent pas, les annexionnistes spéculent sur l’indécision d’une partie de la population. Une expectative qu’ils provoquent dans l’espoir d’engendrer des abstentions, voir d’abuser de la bonne foi de gens crédules pour atteindre l’inimaginable, un oui, si serré soit-il, à l’ouverture d’un processus menant inévitablement à la fin du Jura bernois.

L’erreur consisterait à sous-estimer les capacités manipulatrices d’adversaires rompus à la manœuvre.

Ne dit-on pas, à tort ou à raison, que le gouvernement bernois a bien failli être pris dans les mailles du filet tendu par son homologue jurassien ?

Aujourd’hui, sans renier ses déclarations d’intention, le Conseil exécutif communique clairement que le scrutin de novembre équivaut à mettre à l’épreuve la volonté populaire de poursuivre dans la voie du Jura bernois ou de s’en détourner.

Réalité     qu’esquive la partie annexionniste en agitant le leurre d’une Assemblée constituante composée à parts égales de représentants du Sud et du Nord.

Or, il se trouve que le privilège de l’âge m’autorise à faire souvenir des accords de Soyhières passés entre les partis séparatistes pour évincer du Bureau et des présidences de commissions de la Constituante jurassienne de 1976, puis de la fonction publique et des postes d’enseignants-es du nouveau canton, les citoyens-ennes ayant souhaité demeurer bernois.

Croit-on qu’il en irait autrement cette fois ?

L’état d’esprit de celles et ceux qui puisent au mythe de l’unité du Jura n’est pas différent de celui qui animait leurs maîtres à penser.

En votant NON le 24 novembre prochain on accomplit le geste positif en faveur de notre région et des ses habitants.

Votez NON, parce qu’il n’existe pas de raison valable pour valider l’ethnocentrisme des mouvements séparatistes et annexionnistes pas plus que le dogmatisme de politiciens-ennes élus-es mal inspirés-es.

Parce que le Jura bernois est une composante de l’Arc jurassien au même titre que tous les Juras.

Parce que nos caractéristiques régionales justifient l’entité Jura bernois à part entière libre de préserver ses prérogatives, sa dignité et son identité.

Parce qu’il est parfaitement légitime de dire NON à un processus qui consacrerait l’extension territoriale du canton du Jura dont les autorités persistent depuis 1979 dans un comportement incorrect au regard du droit fédéral et in fine du droit des gens.

Au 21ème siècle, dans les structures sociopolitiques de la Suisse contemporaine, prétendre, comme le font les annexionnistes, faire un canton nouveau est un faux en crédibilité, un abus de langage, une incitation à l’erreur.

Votons NON le 24 novembre, en connaissance de cause à effets par réalisme, loyauté, souci de vérité, avec le cœur et la tête.

Engageons-nous sans hésitation pour le présent et l’avenir avantageux d’une communauté d’intérêts liant le Jura bernois au canton de Berne. Une communauté dans laquelle nous nous sentons bien et que nous plébiscitons.

Marc André Houmard, membre du Comité Notre Jura bernois

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