Lettre du MUJ à Christoph Neuhaus

Monsieur le Président du Conseil-exécutif,

Le 14 juillet dernier, vous avez été invité, en tant que président du Conseil-exécutif, au traditionnel pique-nique de Mont-Girod, organisé par le Groupe Sanglier sur les hauteurs de Champoz. A cette occasion, vous avez prononcé un discours devant les militants pro-bernois. Vous avez débuté votre allocution de la manière suivante : « Chers compagnons de lutte ».

En tant que chef de l’exécutif bernois, vous vous devez de traiter tous les citoyens bernois sur un pied d’égalité. Ce devoir d’impartialité est lié à votre fonction. Or, en saluant le Groupe Sanglier de cette manière, vous avez commis un impair. Le Jura bernois, par son Histoire, a toujours dû lutter contre la division de sa propre population. C’est pourtant une telle polarisation que revendique le Groupe Sanglier. A ce titre, vous aurez sans doute remarqué, le 14 juillet dernier, avec des slogans tels que « stop Jura » et « arrêtons le virus séparatiste », ce que les sangliers pensent des citoyens bernois séparatistes.

Vous êtes le Président du Conseil-exécutif. Considérez-vous réellement que la haine de certains citoyens bernois est « votre lutte » ? Quel message envoyez-vous à toute une partie de la population du Jura bernois ? En soutenant politiquement les idées du Groupe Sanglier, prenez-vous conscience que vous légitimez également la vision de la société qu’a ce groupe ? Le Président de l’exécutif ne devrait-il pas, au contraire, condamner ce type de politique et appeler au calme et à l’apaisement, ce que l’énorme majorité de la population du Jura bernois souhaite ?

Le Mouvement universitaire jurassien regrette profondément l’attitude que vous avez eue le 14 juillet dernier. La Question jurassienne reste un thème qui risque de diviser profondément la population du Jura bernois, avec de nombreux dérapages connus et commis par les deux camps. Si le MUJ milite pour un « oui » au vote consultatif du 24 novembre, il tient aussi à se battre pour que le contexte reste calme et pacifié. De tels agissements mettent en danger le climat politique au sein de la population du Jura bernois. L’apaisement doit coûte que coûte subsister au-delà du 24 novembre. Au nom de l’énorme majorité de la population qui refuse la violence et qui ne veut pas s’associer à un mouvement de lutte, le MUJ souhaite des excuses du Conseil-exécutif et de votre part.

Mouvement universitaire jurassien

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