Dérapages en série

Il s’en passe des belles dans le canton du Jura en matière de pressions liberticides à quelques semaines d’une consultation populaire qui est à la démocratie ce qu’est la Rauracienne à l’art lyrique.

Les motifs d’étonnement face à des comportements singuliers ont commencé avec le vote du Parlement jurassien approuvant à l’unanimité des députés une disposition constitutionnelle pour la forme : l’adjonction d’un article 139 au cas où il faudrait justifier le hold-up d’une région du canton de Berne. Un vote soviétique juste impensable dans une démocratie pluraliste normale.

Après quoi, on s’attendait à l’une ou l’autre réaction de la société civile regrettant la légèreté avec laquelle on s’apprête à sacrifier la glorieuse République jurassienne sur l’autel de l’annexion des terres ingrates du Sud.

Rien n’est venu. Pas d’opposition non plus au déclassement de Delémont capitale au profit de Moutier. Le malheureux sort de l’Ajoie repoussée aux marches d’un canton dont le centre névralgique pourrait s’appeler « Delémout » ne fait pas problème non plus.

La loi du silence prévaut dans le Jura. Un vide qui impressionne jusqu’aux fanatiques qui déplorent de n’avoir aucun ennemi du peuple à désigner à la vindicte de la horde bélière.

Déstabilisés, les sociétaires de « Construire ensemble » ont racolé des signatures à l’appui d’un appel pour le « oui » le 24 novembre. La presse s’est émue d’un curieux procédé consistant à considérer une absence de réponse comme une approbation, surtout quand aucune adresse n’est indiquée où signifier un refus de figurer au nombre des signataires. Cette grave entorse à la déontologie laisse songeur…

Mais le comble restait à venir avec la mise en fiche des récalcitrants (les personnes qui n’ont pas voulu cautionner le « oui »).

On ne sait pas dans quel but : mise au pas ? Mesures de rétorsion ? Cette chasse aux sorcières est typiques des régimes totalitaires et donc prohibée en Suisse.

Le gouvernement jurassien n’est pas en reste de pratiques inadmissibles. En violation des droits fondamentaux des citoyens il vient d’adresser un message dépourvu d’équivoque à l’ensemble des employés de la fonction publique du canton d’avoir à voter « oui » le 24 novembre. Quant à l’intrusion politique de l’Etat jurassien dans la sphère de l’école publique elle est avérée avec pour résultat visible la présence de 20 élèves du Lycée cantonal de Porrentruy à un débat à Tramelan à l’enseigne de « Parole à la jeunesse » sur le thème de l’avenir du Jura bernois !

Pressentant l’échec de leurs intrigues, les politiciens du canton du Jura perdent leur sang-froid.

Leurs dérapages se rapprochent d’une forme de dictature intellectuelle.

Sachant que les auteurs de ces faits s’imaginent jouer les premiers rôles dans la fumeuse Constituante et plus tard aux commandes du « canton nouveau », le plus simple pour mettre le Jura bernois à l’abri est de voter un « NON » résolu le 24 novembre.

Force démocratique

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