Rétablir la vérité des chiffres

A l’occasion d’une récente conférence de presse, les responsables des partis politiques opposant une réponse de principe négative à l’ouverture d’un processus de réflexion commune ont malmené les chiffres de la péréquation fédérale, et cela en défaveur du Jura bernois ! La vérité a été travestie au détriment du potentiel offert à cette région en cas de partage de la souveraineté cantonale.

Rétablissons la vérité des chiffres par simple souci d’honnêteté intellectuelle. En acquérant la souveraineté cantonale, le Jura bernois engrangerait bel et bien 100 millions de la péréquation fédérale pour compenser les prétendus 69 millions du solde du flux financier intracantonal bernois. Or, 100-69 = 31 : le Jura bernois serait donc gagnant d’au moins 31 millions par année.

Dès lors, ou bien les chefs de ces partis ne savent pas compter ou ils ont parfaitement compris ce décompte et ils tentent d’induire les citoyens en erreur. Dans les deux cas, c’est très grave !

Rappelons que les cantons de Berne et du Jura sont tous les deux bénéficiaires de la péréquation financière. Il n’y a aucune honte à cela : 15 autres cantons profitent de ce système de solidarité intercantonale, qui est, autant que le multilinguisme, un des fondements du fédéralisme. En termes absolus, le canton de Berne est le plus gros bénéficiaire. En termes relatifs (montant par habitant), il reçoit 1'097 francs par habitant et par an, le montant étant du double pour le canton du Jura (2'118 francs).

En clair, cela signifie que le Jura bernois par sa part proportionnelle à la manne fédérale procure 56,5 millions chaque année à l’Etat bernois. S’il accédait à la souveraineté, le Jura bernois, qui ne serait ni plus riche ni plus pauvre, recevrait automatiquement le double, soit 109 millions par an (deux fois le budget de la ville de Moutier) ! Un rapport de 2002 établit que le Jura bernois aurait bénéficié de flux financiers intracantonaux en sa faveur de 30 à 40 millions de francs. Ce rapport ne prend pas la péréquation fédérale en considération. Bilan : par rapport à ces 30 à 40 millions, le Jura bernois est perdant de 16 à 26 millions annuels en comparaison de sa part respective de 56 millions à la péréquation fédérale !

Lors d’un débat à Moutier, le président du Conseil du Jura bernois a voulu corriger ces chiffres en citant le rapport Jeanrenaud, qui montre que le Jura bernois profite des flux financiers avec Berne pour un montant de 70 millions. On est encore loin des 109 millions qui reviendraient au Jura bernois s’il devenait souverain.

L’accession à la souveraineté cantonale est gage d’avantages considérables pour le Jura bernois en termes de développement, d’influence et de mise en valeur de ses qualités propres de région microtechnique. Elle procure également des avantages financiers certains, qui pourront se traduire en investissements pour la région (infrastructures, etc.), porteurs d’emplois et de développement. Il est important de marteler ces réalités. Dire OUI, c’est permettre de le vérifier dans le projet qui sera ensuite soumis à l’approbation des populations du Jura bernois et du canton du Jura, lesquelles pourront, à l’issue du processus, se déterminer en toute connaissance de cause. Dire OUI, c’est croire en sa région et chercher à lui offrir le meilleur.

Construire ensemble

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