Houellebecq fait de l'art avec son bulletin de santé

Houellebecq fait de l'art avec son bulletin de santé

Photo: Keystone

L'écrivain français Michel Houellebecq a présenté vendredi à Zurich son bulletin de santé dans le cadre de manifesta 11, la biennale d'art contemporain. Cette performance a suscité le plus de réactions jusqu'ici.

L'auteur de 'Soumission' et des 'Particules élémentaires' a procédé à un examen minutieux de son corps. Avec l'aide d'un médecin, le docteur Henry Perschak qui dirige une célèbre clinique zurichoise, il a fourni un électrocardiogramme, une imagerie par résonance magnétique (IRM) de son crâne et de sa main sans oublier une analyse de sang.

Ces examens médicaux ont été soigneusement documentés pour un film, réalisé par les étudiants de la Haute école d'arts de Zurich. 'Ca, c'était plutôt chiant comme à chaque fois qu'on vous filme. C'était plutôt emmerdant', a raillé l'éternel trublion de la littérature française lors d'un entretien avec l'AFP lors d'une visite au Helmhaus, un des sites qui abritent les expositions.

'Simply the Best'

Les visiteurs ont pu voir d'autres oeuvres comme 'Mockumentary', un documentaire fictif, réalisé par l'artiste catalan Carlos Congost. Il s'intéresse à un pompier suisse, fan de gospel et de la chanteuse américaine Tina Turner, qui réside à Zurich. Intitulé 'Simply the Best', son oeuvre questionne la différence entre la vocation et le travail rémunéré.

Les travaux de la photographe et vidéaste mexicaine Teresa Margolles sont aussi présentés sur les bords de Limmat. Elle a organisé une rencontre autour d'une partie de poker entre deux travailleuses du sexe transsexuelles originaires de Zurich et de Juarez, au Mexique.

La culture après le communisme

Manifesta est née d'une réflexion sur la scène culturelle européenne aux lendemains de l'effondrement du bloc communiste dans les années 1990. Elle choisit tous les deux ans une nouvelle ville hôte avec l'idée d'y interagir autour d'une question de société.

La première édition s'était tenue en 1996 à Rotterdam. Elle est ensuite passée par Luxembourg et Saint-Pétersbourg, ou encore à Genk, en Belgique, dans une mine désaffectée pour poser la question de la désindustrialisation de l'Europe.

Manifesta dans la ville de Dada

Le choix s'est porté cette fois sur Zurich. La ville a été retenue parce qu'elle a été le berceau du mouvement Dada, le courant artistique d'avant-garde qui fête cette année son 100ème anniversaire.

'Au siècle dernier, Zurich a connu des changements radicaux, évoluant d'une cité provinciale vivant d'une économie largement agricole en un pôle financier global', a déclaré Hedwig Fijen, la directrice de Manifesta.

'A la même époque, la cité est devenue le refuge d'artistes, de pacifistes, d'activistes et d'écrivains dont les chemins se sont croisés', a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse au Kaufleuten, un haut-lieu de la scène culturelle zurichoise. Elle a rappelé au passage que la ville avait abrité des figures politiques comme Lénine.

Aujourd'hui, la Suisse, dont Zurich est le plus grand pôle économique, se pose comme un îlot de prospérité, entre son système de démocratie directe, son niveau de vie élevé et sa politique extérieure isolationniste. Cela donne un caractère presque surréel à l'événement à une époque où l'Europe est confrontée à la plus grave crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale, a-t-elle argumenté.

La ville de Zurich accueille cette 11ème édition de Manifesta du 11 juin au 18 septembre. Les visiteurs peuvent y découvrir les travaux de 130 artistes, répartis dans plusieurs halles expositions à travers la ville.

/ATS
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