La Fondation Beyeler rend hommage à Kasimir Malevitch

La Fondation Beyeler rend hommage à Kasimir Malevitch

Photo: Keystone

L'avant-gardiste russe Kasimir Malevitch est au coeur des deux nouvelles expositions de la Fondation Beyeler. L'institution bâloise célèbre le centenaire du tableau 'Carré noir sur fond blanc', icône de l'art abstrait. A voir à partir de dimanche jusqu'au 10 janvier.

La première exposition se veut une reconstitution de 'La dernière exposition futuriste de tableaux 0,10', présentée durant l'hiver 1915-1916 à St-Pétersbourg, qui s'appelait alors Petrograd. Malevitch (1878-1935) y présentait pour la première fois son 'Carré noir sur fond blanc'.

'Cette toile monochrome relevait de la pure provocation, car elle ne montrait qu'une surface noire légèrement déformée, entourée de blanc', écrit la Fondation Beyeler jeudi. 'Lors de l'exposition d'origine, elle était de surcroît accrochée dans l'angle de Dieu, où se trouvaient traditionnellement les icônes décorant les maisons'.

Disparues ou détruites

Au total, plus de 150 oeuvres de quatorze artistes constituaient la présentation de St-Pétersbourg. La Fondation Beyeler a réussi à en rassembler un tiers, de nombreuses ayant disparu ou été détruites depuis. A Riehen, l'exposition est complétée par d'autres oeuvres des mêmes artistes.

Le titre '0,10' (prononcer zéro-dix) est un code reposant probablement sur une idée de Malevitch, selon le musée bâlois. Le zéro symbolisait la destruction de l'ancien monde et en même temps un nouveau départ. Le dix se réfère au nombre d'artistes participants initialement prévu.

Carré de géométrie ou de censure

La deuxième exposition s'intitule 'Black Sun'. Elle rassemble des peintures, sculptures et installations de 36 artistes aussi prestigieux que Mark Rothko, Gerhard Richter ou Damien Hirst.

Prenant pour point de départ le 'Carré noir', elle se veut une 'réflexion sur l'art non figuratif ainsi que l'aspiration au sublime'. Certains des travaux exposés renvoient directement au tableau de Malevitch. C'est le cas de 'Black Square' et 'White Square', réalisés en 1953 par Ellsworth Kelly.

D'autres évoquent les compositions suprématistes. Comme les peintures de Jenny Holzer, dans lesquelles les carrés noirs sont des passages censurés de documents déclassifiés du gouvernement américain.

/ATS
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