Plaidoyer de Michael Douglas à Genève contre les armes nucléaires

Plaidoyer de Michael Douglas à Genève contre les armes nucléaires

Photo: Keystone

'C'est l'une des époques les plus dangereuses' sur le front des armes nucléaires, plus que la Guerre froide. L'acteur américain Michael Douglas a soutenu jeudi à Genève un traité d'interdiction et salué la visite de Barack Obama à Hiroshima.

'Je ne peux peux pas penser à une époque où le travail pour le désarmement nucléaire est plus crucial', a estimé devant la presse à l'ONU le lauréat de plusieurs Oscars. La situation est 'beaucoup plus compliquée' que lors de la Guerre froide, plus structurée.

Les tensions sont 'folles' entre les Etats-Unis et la Russie et l'armement, plus petit et plus facile à utiliser, a été modernisé, a souligné M. Douglas. Le commandement russe se détériore et un accident militaire n'est pas exclu, a estimé de son côté le président de la Fondation Ploughshares Fund. Outre les Etats-Unis et la Russie, les autres pays nucléaires se menacent entre eux.

Sans oublier le risque que ces armes tombent entre les mains de terroristes, selon M. Douglas. L'acteur américain et Messager de la Paix de l'ONU s'est dit également préoccupé par la situation entre les deux Corées et au Proche-Orient.

'Déçu' par son président

Jeudi, les Etats-Unis mettaient en service leur système de défense antiaérienne dans le sud de la Roumanie. Beaucoup de pays de l'Est 'sont nerveux' et 'sentent le besoin de protection', admet M. Douglas. Un système prévu contre l'Iran qui n'est plus utile pour les 20 prochaines années depuis l'accord avec Téhéran, a estimé le président de la Fondation Ploughshares Fund.

M. Douglas salue la prochaine visite fin mai du président américain à Hiroshima, plus de 70 ans après l'explosion de la bombe atomique. Barack Obama sera le premier chef d'Etat américain en exercice à se rendre dans la ville japonaise. L'acteur n'a pas souhaité commenter la décision de son président de ne pas présenter d'excuses.

Mais il se dit aussi 'déçu' par les deux mandats de M. Obama qui avait promis d'oeuvrer au désarmement nucléaire. Il souhaite que le président utilise sa visite au Japon pour des déclarations 'fortes'.

Sous la présidence Obama, pour la première fois en plus de 20 ans, aucun nouvel Etat n'a rejoint les pays nucléaires, a toutefois fait remarquer le président de la Fondation Ploughshares Fund. Si l'actuel candidat républicain Donald Trump lui succède, il faudra faire face à son 'imprévisibilité', reconnaît M. Douglas qui connaît bien le milliardaire républicain.

Boycott par les pays nucléaires

L'acteur était présent pour la première fois à l'ONU à Genève. La seconde rencontre du groupe de travail pour des négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire a lieu jusqu'à vendredi. Le processus lancé en 2013 avait été adopté par 139 pays dont la Suisse en décembre dernier à l'Assemblée générale de l'ONU.

Les négociations, souhaitées par une majorité d'Etats qui ont reconnu un vide juridique pour une interdiction, pourraient avoir lieu en 2017. Lors de la première réunion du groupe en février, les participants ont eux convenu qu'un traité d'interdiction constituait le meilleur scénario. Une troisième rencontre aura lieu en août. Mais ces discussions sont déjà boycottées par les Etats nucléaires.

Par ailleurs, cette question ne peut être réglée par la Conférence du désarmement à Genève, bloquée depuis près de 20 ans et qui doit être suspendue, estime la directrice exécutive de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN), Beatrice Fihn.

/ATS
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