La communauté internationale veut aider les victimes en Syrie

La communauté internationale veut aider les victimes en Syrie

Photo: Keystone

Des dirigeants d'une trentaine de pays se sont retrouvés jeudi à Londres pour tenter de réunir 9 milliards de dollars en faveur des Syriens victimes de la guerre. Le président de la Confédération Johann Schneider-Ammann doit y représenter la Suisse.

Cette réunion survient au lendemain de la suspension des pourparlers de paix inter-syriens à Genève. En près de cinq ans, la guerre en Syrie a contraint 4,6 millions de personnes à trouver refuge dans les pays voisins (Jordanie, Liban, Turquie, Irak et Egypte), tandis que des centaines de milliers ont rejoint l'Europe. Le conflit a fait 260'000 morts.

Jeudi matin, quelques heures avant le début de la conférence, le gouvernement britannique a promis 1,2 milliard de livres (1,75 milliard de francs) supplémentaire d'ici 2020 pour aider les victimes du conflit en Syrie. Le Royaume-Uni a déjà engagé 1,12 milliard de livres dans la région. 'Nous avons besoin de plus d'argent pour répondre à cette crise. Et nous en avons besoin maintenant', a déclaré le premier ministre britannique David Cameron.

Pour répondre au drame syrien, les donateurs devront se montrer plus généreux que lors de la précédente conférence, en 2015. Elle avait permis de récolter 3,3 milliards de dollars sur les 8,4 milliards réclamés. 'C'est inacceptable. Réunir suffisamment de fonds pour assurer les besoins vitaux des réfugiés est le minimum qu'on puisse attendre de nous', a commenté M. Cameron.

Avec John Kerry

La conférence devait réunir par exemple la chancelière allemande Angela Merkel, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le président de la Confédération Johann Schneider-Ammann. La Suisse débloquera cette année 50 millions de francs pour les victimes de la crise en Syrie.

Les participants à la conférence ont l'ambition d'endiguer la crise des réfugiés qui, du Moyen-Orient à l'Europe, pèse sur les pays d'accueil.

Une nouvelle approche

Mais l'argent n'est pas tout, a souligné M. Cameron. 'Avec des centaines de milliers de personnes qui risquent leur vie en traversant la mer Egée ou les Balkans, il est temps maintenant d'adopter une nouvelle approche', a-t-il expliqué.

Cette nouvelle approche, basée sur l'éducation et la 'création d'emplois' dans les pays voisins accueillant les réfugiés 'peut transformer la région et constituer un nouveau modèle pour l'aide humanitaire', a-t-il estimé.

L'étau se resserre

Sur le terrain, le régime de Damas a encore resserré l'étau jeudi autour des rebelles dans la ville d'Alep, ex-capitale économique du pays, après avoir coupé leur principale route d'approvisionnement. Cela marque un nouveau succès pour le régime depuis l'intervention de Moscou dans le conflit fin septembre.

L'offensive des troupes, aidées par des miliciens et des combattants du Hezbollah libanais, a été appuyée par d'intenses bombardements russes. le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a martelé qu'il n'est pas question pour Moscou de cesser ses bombardements avant d'avoir 'réellement vaincu' les groupes 'terroristes'.

La Russie 'regrette'

Après six jours de discussions avec le régime d'une part, l'opposition de l'autre, de tergiversations et de rendez-vous annulés ou reportés, l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura a annoncé mercredi soir une 'pause' dans le processus de discussions sur la Syrie. Le diplomate onusien s'est refusé à parler 'd'échec' et a déclaré avoir fixé la date du 25 février pour une reprise des discussions.

La Russie a dit jeudi 'regretter' la suspension des négociations. Elle s'attend à un deuxième round de discussions 'compliqué' le 25 février.

'Nous regrettons ce développement mais personne ne s'attendait à ce que tout soit simple et rapide', a déclaré à des journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. 'Nous espérons qu'il y aura bientôt des éclaircissements sur la manière dont les pourparlers vont se poursuivre', a-t-il ajouté.

/ATS
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