La crise migratoire au coeur du sommet UE-Turquie à Bruxelles

La crise migratoire au coeur du sommet UE-Turquie à Bruxelles

Photo: Keystone

L'Union européenne (UE) organise lundi un sommet extraordinaire avec la Turquie. Bruxelles veut faire cesser les arrivées de migrants en Grèce et interrompre leur parcours chaotique vers l'Allemagne à travers les Balkans

Ce sommet, le deuxième en moins de quatre mois, survient dans un climat de frictions récurrentes entre l'UE et la Turquie. Bruxelles va faire pression sur Ankara, car la Turquie détient la clé pour l'aider à maîtriser la crise migratoire. L'arrivée de 1,25 million de demandeurs d'asile divise comme jamais l'UE.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk s'est récemment rendu dans les Balkans, en Grèce et en Turquie. Il dit y déceler 'un consensus européen (...) autour d'une stratégie globale, qui, si elle est mise en oeuvre de façon loyale, peut aider à endiguer les flux' migratoires.

'On peut réduire le flux par des retours à grande échelle et rapides de tous les migrants' déboutés de leur demande d'asile, veut croire M. Tusk.

Sa solution: appliquer à la lettre les règles de libre circulation de l'espace Schengen, en ne laissant entrer en Grèce que les seuls demandeurs d'asile. Ce qui doit permettre de lever d'ici à fin 2016 les contrôles frontaliers mis en place unilatéralement à l'intérieur de l'UE, puis d'expulser tous les 'migrants économiques' vers la Turquie qui les renverra à son tour vers leur pays d'origine.

Accord de réadmission

Les dirigeants européens vont donc tenter de convaincre la Turquie de tenir ses promesses de novembre, en mettant en oeuvre dès le 1er juin un accord de réadmission en Turquie des migrants irréguliers. Les Européens veulent aussi que les Turcs renforcent la lutte contre les passeurs qui opèrent depuis ses côtes.

La chancelière allemande Angela Merkel, qui a en tête d'importantes échéances électorales régionales dimanche prochain, tient à ce que l'accord du 29 novembre avec Ankara produise ses effets. Elle a rencontré le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu à huis-clos dimanche soir à Bruxelles.

Peu auparavant, ce dernier a affirmé que son pays a fait des 'pas importants' pour respecter sa part du 'plan d'action'. Celui-ci vise à stopper les migrants quittant par milliers la côte anatolienne à destination des îles grecques.

En échange de sa coopération, Ankara a obtenu il y a trois mois des contreparties substantielles: la suppression, peut-être dès l'automne, des visas imposés aux ressortissants turcs et surtout une relance du processus d'adhésion à l'UE. Sans oublier 3 milliards d'euros (3,3 milliards de francs) d'aide pour les 2,7 millions de Syriens réfugiés en Turquie.

Projet de déclaration

La réunion de lundi à Bruxelles doit aussi entériner une position plus ferme sur la prise en charge des migrants et réfugiés qui parviennent en Grèce. Elle formalisera aussi la fermeture des frontières des pays situés sur la route des Balkans occidentaux, rapportent des diplomates.

'Le flux des migrants irréguliers le long des Balkans occidentaux arrive à son terme. Cette route est désormais fermée', indique le projet de déclaration finale de ce sommet.

Ce document vise aussi à rassurer les autorités grecques. Les dirigeants européens y soulignent leur volonté d'aider le pays à s'occuper des milliers de personnes actuellement bloquées sur son territoire. Le projet de déclaration finale a été achevé tard dimanche soir.

La situation humanitaire reste dramatique. Plus de 30'000 migrants demeurent bloqués en Grèce dans des conditions misérables en raison des restrictions imposées par plusieurs pays des Balkans. La Macédoine a réduit tout au long de la semaine le nombre des entrées de migrants, pour n'en accepter qu'une centaine dimanche.

/ATS
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