Amnesty déplore la montée des massacres religieux en Irak

Amnesty déplore la montée des massacres religieux en Irak

Photo: Keystone

La prise de Mossoul il y a un an par l'Etat islamique (EI) a constitué le début d'une vague de massacres religieux en Irak. Amnesty International cible, dans un document publié mercredi, les djihadistes, mais aussi des attaques de milices chiites contre des sunnites.

'Les crimes odieux commis par l'EI trouvent un écho dans la multiplication des attaques menées par des milices chiites, qui se vengent des exactions de l'EI en prenant pour cible des Arabes sunnites', a déclaré la conseillère pour les situations de crise à AI, Donatella Rovera. Elle a passé une grande partie de l’année écoulée en Irak à se pencher sur des crimes de guerre et des violations des droits humains.

Les civils n'ont 'personne vers qui se tourner pour les protéger et les victimes n'ont aucun moyen d'obtenir justice', ajoute-t-elle, citée dans un communiqué.

L'ONG publie une carte sur laquelle elle répertorie les massacres perpétrés contre les civils. Elle évoque aussi deux tueries en janvier dernier à Barwana et dans la région de Sinjar.

Chef du gouvernement ciblé

Dans la première, des dizaines de femmes ont raconté à l'ONG le meurtre des hommes de leur quartier par des membres de milices et des troupes gouvernementales. Ces victimes avaient pour la plupart entre 20 et 40 ans, mais des enfants et des personnes âgées figuraient aussi parmi elles.

Beaucoup de corps menottés et cagoulés ont été retrouvés éparpillés dans le village, ajoute l'ONG qui évoque de probables exécutions. Plusieurs sources soulignent que des membres présumés de la milice Badr ont participé à ces assassinats, qui seraient intervenus en représailles au décès de miliciens et de soldats qui combattaient l'EI dans la région.

'Ceux qui ont commis ce massacre se sont rendus, semble-t-il, dans le village dans l'intention de tuer des hommes arabes sunnites; ils n’ont pas fouillé le domicile des victimes ni interrogé les familles', a déclaré Mme Rovera. Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a promis une enquête sur ce massacre, mais Amnesty dénonce l'absence de mesures - six mois plus tard - contre les responsables.

La communauté yézidie incriminée

L'ONG évoque des dizaines de cas similaires de violences dans le pays. Notamment dans la région de Sinjar, où des attaques ont été lancées après la campagne de nettoyage ethnique par l'EI contre la minorité yézidie. Les djihadistes avaient tué en 2014 des centaines d'hommes et violé ou utilisé comme esclaves sexuelles de nombreuses femmes.

Fin janvier, les membres d'une milice yézidie ont attaqué les villages sunnites de Jiri et Sibaya, tuant 21 personnes et brûlant des maisons. Quarante autres ont été enlevées, dont 17 sont toujours portées disparues.

'Il est extrêmement inquiétant de voir des membres de la communauté yézidie, qui a tellement souffert aux mains de l'EI, commettre à leur tour des crimes aussi brutaux', a déclaré Mme Rovera. Et Amnesty de dénoncer l'absence de procédure après ces violences.

/ATS
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