Bogota veut des observateurs onusiens dès que possible

Bogota veut des observateurs onusiens dès que possible

Photo: Keystone

Le gouvernement colombien a souhaité vendredi que les observateurs de l'ONU chargés de superviser l'accord de paix entre Bogota et la guérilla des Farc se déploient 'le plus vite possible'. Et ce avant même le référendum qui doit entériner l'accord.

'Nous avons besoin que la mission (de l'ONU) se déploie le plus vite possible', a expliqué à des journalistes le Haut commissaire colombien pour la paix Sergio Jaramillo. Le but est que 'quand nous en terminerons à La Havane (où ont lieu les négociations de paix), et que le référendum se tiendra, la mission soit déjà sur place et garantisse que les Colombiens puissent voter librement'.

Ces quelque 450 observateurs militaires doivent vérifier le désarmement des Forces armées révolutionnaires de Colombie et superviser le cessez-le-feu. Ils viennent pour la plupart de pays latino-américains.

Un premier groupe est déjà arrivé en Colombie et M. Jaramillo a estimé que le déploiement pourrait être complété 'dans un délai maximum de trois à quatre semaines'. Leur recrutement 'a mis un certain temps à démarrer mais il semble que désormais les chiffres seront atteints', a-t-il indiqué.

Et à la suite d'une visite sur place la semaine dernière, l'ONU et Bogota ont 'une bien meilleure idée de ce qu'il se passe sur le terrain'.

Rapport

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a transmis vendredi un rapport sur les modalités pratiques de la mission au Conseil de sécurité, qui doit en discuter le 26 août. M. Ban y confirme que la mission 'comprendra 450 observateurs environ au total, en plus d'un certain nombre de civils'.

Elle sera répartie sur '40 sites très dispersés'. Parmi eux figurent un quartier général national, huit QG régionaux (San Jose de Guaviare, Florencia, Popayan, Villavicencio, Medellin, Qibdo, Bucaramanga, Valledupar) et 23 zones de regroupement des ex-guérilleros.

Le rapport souligne 'la réaction positive de la population locale'. Il estime que 'les préparatifs sont en bonne voie, que ce soit du point de vue technique ou politique'. Mais il note que pour l'instant seuls 80 observateurs ont été recrutés.

Mécanisme tripartite

M. Ban souligne aussi que 'des questions importantes sont toujours sur la table' des négociations, dont 'la réintégration des combattants des Farc', qui est 'une étape essentielle pour appliquer l'accord de paix'.

La guérilla marxiste des Farc et le gouvernement colombien, en lutte depuis 1964, ont conclu le 23 juin un cessez-le-feu bilatéral et définitif. Ce conflit, le plus ancien d'Amérique latine, a fait au moins 260'000 morts, 45'000 disparus et 6,8 millions de déplacés.

Les Farc commenceront à réunir leurs troupes pour les désarmer une fois l'accord de paix final signé, probablement dans les prochaines semaines. L'accord devra être approuvé ou rejeté par les Colombiens par référendum.

Le cessez-le-feu sera vérifié par un mécanisme tripartite comprenant le gouvernement, les Farc et une mission de l'ONU.

/ATS
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