Documents contestés par Walesa rendus publics en Pologne

Documents contestés par Walesa rendus publics en Pologne

Photo: Keystone

L'Institut polonais de la mémoire nationale (IPN) a présenté lundi aux médias des documents censés prouver la collaboration de Lech Walesa avec les services secrets communistes (SB). Ce dernier a démenti une nouvelle fois cette allégation.

Jeudi passé, l'IPN avait révélé l'existence de documents démontrant que le chef du syndicat polonais Solidarité Lech Walesa avait collaboré dans les années 1970 avec les SB. Lundi, il ceux-ci ont été présentés à la presse.

L'ancien président polonais, prix Nobel de la paix, séjourne actuellement aux Etats-Unis. Il a nié cette collaboration. Il a reconnu avoir commis 'une erreur' en signant à l'époque 'des papiers', tout en niant avoir été un 'dénonciateur'.

Et d'ajouter: 'Ce sont des faux grossiers. Je n'ai rien à voir avec cela', a-t-il de nouveau assuré lundi, interrogé par des télévisions polonaises.

Les photocopies de documents, publiés par IPN sans expertise graphologique, contiennent plusieurs notes manuscrites, dont un engagement à la collaboration signé Lech Walesa 'Bolek' et des reçus d'argent, signés du pseudonyme 'Bolek''. Y figurent des rapports de conversations que des fonctionnaires des SB auraient eu avec 'Bolek' dans les années 1970-1976.

'Comportement arrogant'

L'un des derniers documents, une note manuscrite d'un fonctionnaire des SB datée du 8 juin 1976, annonce le refus de l'agent 'Bolek' de poursuivre la collaboration. 'Suite à son comportement arrogant, j'estime inopportun de poursuivre les contacts avec lui', a-t-il conclu.

Tous ces documents ont été retrouvés la semaine dernière par IPN chez la veuve de l'ancien ministre de l'Intérieur communiste Czeslaw Kiszczak.

Révolte réprimée

Lech Walesa est âgé de 72 ans. Il était ouvrier des chantiers navals de Gdansk lors d'une révolte ouvrière réprimée dans le sang. Il a toujours assuré qu'il ne s'était pas 'laissé briser' à l'époque.

'Je n'ai pas collaboré avec les SB. Je n'ai jamais touché d'argent ni fait de rapports écrits ou oraux', a-t-il assuré. Selon lui, ces documents ont été 'falsifiés' par les SB.

Théorie du complot

L'affaire de ses contacts présumés avec la police politique à l'époque communiste a permis aux conservateurs au pouvoir en Pologne de relancer leur thèse selon laquelle la chute du régime en 1989 n'était qu'une opération des services spéciaux.

Cette idée de complot qui aurait été fomenté avec les services soviétiques pour permettre aux élites ex-communistes de garder le pouvoir réel dans le pays, circule depuis longtemps dans les milieux nationalistes, proches du parti au pouvoir Droit et Justice (PIS). Elle est jugée absurde par nombre d'anciens opposants anticommunistes.

Documents 'terrifiants'

Selon l'historien Slawomir Cenckiewicz, co-auteur d'un livre sorti en 2008 qui accuse M. Walesa de collaboration avec les SB, ces documents 'sont terrifiants, compte tenu de l'échelle de dénonciation portant sur de nombreuses personnes'.

'Seul quelqu'un de naïf pourrait croire que ces documents n'ont pas eu d'incidence sur la période suivante' quand Lech Walesa dirigeait le mouvement Solidarité, a-t-il affirmé.

Seuls face au régime

'On fait confiance à Lech pour tout ce qu'il a fait', a déclaré pour sa part lundi Zbigniew Janas, ancien ouvrier et opposant au régime communiste. Dans les années 1970, avant Solidarnosc né en 1980, 'nous, les ouvriers, nous étions complètement seuls' face au régime. 'Nous allons te défendre, Lech, tu ne resteras pas seul!', a-t-il assuré.

/ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.