Espagne: fin de l'impasse politique, mais pas de l'instabilité

Espagne: fin de l'impasse politique, mais pas de l'instabilité

Photo: Keystone

Le Parlement espagnol devrait mettre fin samedi à dix mois d'impasse politique en accordant tant bien que mal sa confiance au Premier ministre conservateur Mariano Rajoy. L'instabilité est cependant susceptible de persister.

Le gouvernement minoritaire de M. Rajoy devra en effet composer avec un Parlement hostile et la nouvelle législature ne sera pas de tout repos. Contrairement à 2011, le Parti populaire (PP) ne dispose désormais que de 137 des 350 sièges du Parlement espagnol.

Le conservateur n'a pas été élu lors d'un premier tour de vote à la majorité absolue organisé jeudi, une sorte d'avertissement lancé par les députés. Mais il devrait être investi par une majorité simple des 350 députés samedi soir, lors d'un vote prévu aux alentours de 19h45.

Après avoir mis les pieds au mur pendant de longs mois, les socialistes du PSOE ont prévu de s'abstenir lorsque M. Rajoy demandera pour la seconde fois la confiance des élus. Ce changement de cap devrait permettre au Premier ministre sortant de reprendre les rênes du gouvernement.

Décrié dans son propre camp

M. Rajoy, 61 ans, au pouvoir depuis 2011, part de loin: il y a dix mois, deux nouveaux partis faisaient leur entrée au Congrès, le libéral Ciudadanos et Podemos, de gauche radicale, allié du grec Syriza, tandis que sa formation enregistrait son pire score depuis 1993.

Dans son propre camp miné par les affaires de corruption et usé par une dure crise économique, certains assuraient que sa place était 'dans l'opposition'. Mais de nouvelles législatives, organisées le 26 juin après plusieurs mois sans qu'un nouveau gouvernement ne puisse être investi faute d'accord entre les partis, ont commencé à inverser la tendance.

Lors de ce scrutin son Parti populaire (PP, droite) a gagné 14 sièges. Le Parti socialiste (PSOE), concurrencé par Podemos, poursuivait sa descente aux enfers, avec le pire résultat de son histoire (22,7% des voix).

Pedro Sanchez renversé

Pedro Sanchez, dirigeant le PSOE depuis 2014, décidé à tout faire pour chasser M. Rajoy du pouvoir, n'a pas réussi à trouver assez d'alliés pour former un gouvernement alternatif. Il aura finalement été renversé par les siens, qui craignaient que son véto à M. Rajoy n'entraîne encore des élections, les troisièmes en un an, leur faisant perdre encore des voix.

Désormais, Mariano Rajoy a le vent en poupe, assuré d'avoir les voix de son parti (137) et celles de Ciudadanos (32), et aussi la nécessaire abstention d'une partie des 85 élus socialistes.

Discours conciliant

Dans un discours aux députés cette semaine, le président du gouvernement a mis l'accent sur la conciliation. Il a proposé à l'opposition de travailler de concert sur des mesures clés, comme la réforme de l'éducation et du système de retraites.

'Les circonstances exceptionnelles demandent que nous mettions de côté nos confrontations idéologiques et que nous combinions nos efforts (...) car nous sommes aux prises avec une situation inédite', a-t-il dit.

/ATS
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