François évoque les migrants dans son message de Pâques

Le pape dénonce le refus des migrants dans son message de Pâques

Photo: Keystone

Le pape François a brossé un tableau très sombre du monde dans son message de Pâques. Il a évoqué dimanche 'les gouffres spirituels et moraux' qui 'provoquent la haine et la mort' à travers les conflits, le terrorisme et le rejet des réfugiés.

Malgré la peur diffuse d'attentats, des dizaines de milliers de fidèles ont afflué sur la place Saint-Pierre pour entendre le message 'urbi et orbi' (à la ville et au monde) à l'occasion de Pâques. Une affluence en baisse par rapport à Pâques 2015. Aucun incident n'a été relevé ni dimanche ni tout au long des longues célébrations de la Semaine sainte.

Le pape argentin, 79 ans, semblait en assez bonne forme malgré les nombreuses heures de célébrations des derniers jours. Il n'a pas renoncé à un long parcours dans la foule enthousiaste à bord d'une petite voiture blanche découverte.

Société sans morale

Après avoir décrit lors de la Veillée pascale 'les chrétiens sans espérance' et 'prisonniers' de leurs 'problèmes', François a brossé dimanche le portrait d'une société sans croyance, sans morale et sans orientation. Ce qui à ses yeux conduit chez certains à la tentation de la violence.

'Face aux gouffres spirituels et moraux, face aux vides qui s'ouvrent dans les coeurs et provoquent la haine et la mort, seul Dieu peut remplir de son amour ces vides, ces abîmes, et nous permettre de ne pas nous écrouler. La miséricorde de Dieu est éternelle !'

Migrants et réfugiés

François a fustigé à nouveau 'le refus' des migrants et réfugiés par 'ceux qui pourraient leur offrir un accueil et de l'aide'. Cette critique vise des sociétés occidentales, particulièrement européennes, qui ferment leurs frontières.

Lors du Jeudi saint, François avait lavé les pieds de onze migrants, de la Syrie et l'Erythrée, dans un centre d'accueil au nord de Rome. Il marquait ainsi sa proximité de petit-fils d'immigré avec ceux qui fuient 'la guerre, la faim, la pauvreté, l'injustice', migrants politiques comme économiques, sans faire de différence.

Le pape a saisi aussi un autre grand thème d'actualité. Il a exprimé sa proximité envers les 'victimes du terrorisme, forme aveugle et atroce de violence'. Le Vatican a adressé dimanche en son nom un télégramme aux Irakiens, au surlendemain de l'attentat-suicide revendiqué par le groupe Etat islamique (EI) qui a fait 32 morts après un match de football dans le village d'Al-Asriya.

Négociations de Genève

Dans un message sombre, une note d'espérance a été pour la Syrie. Jorge Bergoglio a exprimé son plein soutien aux négociations de Genève.

'Que le Seigneur ouvre des chemins d'espérance à la Syrie bien aimée, pays déchiqueté par un long conflit' et qui a souffert 'la décomposition de sa société civile' (...) 'Nous confions à la puissance du Seigneur ressuscité les discussions en cours (...) pour qu'on puisse recueillir des fruits de paix'.

'Ferments d'espérance'

Le Saint-Père a aussi prié pour Israël et les Palestiniens, le Yémen, la Libye, le Venezuela, le Sud-Soudan, le Mozambique, la République démocratique du Congo et le Burundi. Il a évoqué dans ces derniers pays africains, où le rôle de l'Eglise est important, des 'ferments d'espérance' dans les efforts de réconciliation.

'Le monde est rempli de personnes qui souffrent dans leur corps dans leur esprit', 'de crimes atroces souvent commis dans les murs du foyer domestique', de 'conflits armés, à grande échelle, qui soumettent des populations entières à ses souffrances indicibles'.

Affluence en baisse

François s'est exprimé aussi pour 'les personnes âgées écrasées par la solitude' et 'les jeunes qui ne pensent pas avoir d'avenir (...) Le Seigneur nous donne son regard de compassion envers les affamés et les assoiffés, les étrangers et les prisonniers, les marginaux et les exclus, les victimes des abus et de la violence', a-t-il insisté.

En cette Année Sainte du 'Jubilé de la miséricorde', la présence des fidèles n'a pas été massive. Certaines estimations parlant de 20'000 visiteurs de moins à Rome qu'à Pâques 2015. La crainte d'attentats et le fait que le Jubilé peut se célébrer dans tous les diocèses ont contribué sans doute à cette baisse d'affluence.

/ATS
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