Geert Wilders est jugé à partir de lundi pour incitation à la haine

Geert Wilders est jugé à partir de lundi pour incitation à la haine

Photo: Keystone

Le procès du tribun d'extrême-droite néerlandais Geert Wilders pour discrimination et incitation à la haine s'ouvre lundi au tribunal de Schipol, situé près de l'aéroport d'Amsterdam. Dénonçant 'une parodie de justice', le principal intéressé sera absent.

S'il est jugé coupable, Geert Wilders pourrait écoper d'une peine maximale de 2 ans de prison ou d'une amende de plus de 20'000 euros. Toutefois, étant donné qu'il s'agirait d'une première condamnation s'il était déclaré coupable, une amende plus légère ou une peine de travail d'intérêt général seraient alors plus probables, selon Rolf Hoving, expert en droit pénal à l'Université de Groningue.

Il devra répondre des propos qu'il avait tenus début 2014 à La Haye, lors d'une soirée d'après élections municipales. Il avait alors demandé à ce qu'il y ait 'moins de Marocains' aux Pays-Bas. Face à une foule qui scandait devant lui 'Moins ! Moins ! Moins !', il avait répondu dans un sourire: 'Nous allons nous en charger.'

Plus de 6400 plaintes ont depuis été déposées par des citoyens et des organisations. La décision des juges est attendue en décembre.

'Procès politique'

Déjà poursuivi pour incitation à la haine raciale en 2011, Geert Wilders avait bénéficié d'un non-lieu pour avoir demandé l'interdiction du Coran et l'expulsion des 'criminels' marocains. Selon lui, les Marocains (qui représentent environ 2% de la population) sont sur-représentés parmi les bénéficiaires des prestations sociales et parmi les délinquants. Il les accuse de ne pas s'être intégrés après leur arrivée dans les années 1960.

Le député de 53 ans a encore affirmé lors d'audiences préliminaires n'avoir dit que ce que 'des millions de citoyens néerlandais pensent'. 'Je n'ai aucun regret', répète-t-il souvent depuis.

'C'est mon droit et mon devoir en tant que politicien de parler des problèmes de notre pays', a ajouté Geert Wilders vendredi dans un communiqué. Il dénonce 'un procès politique' pour lequel il refuse de comparaître à l'approche des législatives du mois de mars.

'Si parler de ceci est punissable, les Pays-Bas ne sont plus une démocratie libre mais une dictature', a-t-il encore déclaré vendredi.

En 2011, lors de son premier procès, Geert Wilders avait comparu à toutes les audiences. Lundi, il sera représenté par son avocat Geert-Jan Knoops. Le procès devrait se clôturer le 25 novembre.

'Aucun regret'

'Comme tout suspect majeur dans une procédure pénale, M. Wilders n'est pas obligé de se présenter', a communiqué Arnoud Boer, porte-parole du tribunal de Schipol. 'La loi donne au tribunal la possibilité de faire venir un suspect s'il le trouve souhaitable. On ignore pour l'instant s'il le fera dans cette affaire', a-t-il dit.

Le politicien s'est encore récemment attiré les foudres de députés après avoir à nouveau affirmé vouloir fermer les mosquées et interdire le Coran, qu'il compare au 'Mein Kampf' d'Adolf Hitler, s'il remporte les élections législatives du 15 mars prochain.

D'après les derniers sondages, son Parti pour la Liberté (PVV) est au coude-à-coude avec les libéraux du Premier ministre Mark Rutte.

/ATS
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