Il faudra plusieurs années avant un vaccin contre le virus Zika

Il faudra plusieurs années avant un vaccin contre le virus Zika

Photo: Keystone

La recherche contre le virus Zika doit se poursuivre sur trois priorités, ont décidé des experts mercredi à Genève. Un profil de vaccin doit notamment être établi d'ici mai, mais ce produit ne sera ensuite pas disponible avant plusieurs années.

Plus de 60 groupes travaillent sur la recherche et le développement, dont la moitié sur des diagnostics, a indiqué devant la presse la directrice adjointe de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Marie-Paule Kieny. La différence avec Ebola est la 'vitesse avec laquelle' les avancées sont partagées, a-t-elle estimé au terme de trois jours de consultations.

Une fois le profil de vaccin trouvé, il faudra plusieurs mois au moins avant les premiers tests cliniques. 'Normalement, un vaccin prend douze à quinze ans', a relevé le directeur de l'institut Butantan au Brésil, Jorge Kalil, qui travaille actuellement sur un vaccin en phase clinique III contre la dengue pour lequel il a besoin de 80 à 90 millions de dollars.

Trois ans

Il estime qu'un délai de trois ans pour obtenir un vaccin contre Zika est 'optimiste'. Il faut protéger les femmes en âge d'être enceintes et les recherches sont menées pour cette raison sur un virus inactivé. 'Les premières expérimentations devraient coûter cinq à dix millions de dollars, mais les coûts augmenteront lors des tests sur des personnes', a affirmé M. Kalil.

Autre volet, un profil pour des diagnostics pour des virus liés à Zika est attendu d'ici mi-avril. Des tests multiples doivent permettre de diagnostiquer en même temps la dengue, le chikungunya et Zika. Les outils manquent pour expliquer la distinction entre la dengue et Zika, selon M. Kalil. Et de souligner que 80% des personnes infectées actuellement par Zika ne portent aucun signe clinique.

Sur le contrôle du moustique tigre, qui répand Zika, une réunion d'urgence du Groupe consultatif de l'OMS sur cette question doit avoir lieu la semaine prochaine. Les interventions classiques comme l'utilisation d'insecticides n'ont pas eu d'impact sur la réduction de la transmission de la dengue. Et les spécialistes considèrent que les mêmes conclusions devraient être établies pour Zika. Il faut impliquer davantage les communautés dans cet effort, estime Mme Kieny.

Bactérie ou encore modifications des moustiques

Pour cette raison, des outils innovatifs seront développés. Parmi eux figurent notamment une bactérie qui touche le moustique ou des moustiques génétiquement modifiés ou rendus infertiles qui réduiront la population totale de ces insectes. L'action doit être menée en hiver, lorsque les moustiques sont moins nombreux.

Autre difficulté, plusieurs variations du même moustique semblent pouvoir répandre Zika. La possibilité de partager le virus avec des pays non affectés pour renforcer des tests sera aussi examinée. L'épidémie devrait subsister pendant deux à trois ans, avant de retomber puis de revenir plus tard.

Au Brésil, beaucoup de personnes dans les zones affectées sont immunes parce que déjà piquées par le moustique. La présence du virus diminue dans certains Etats du pays.

De même, la posssibilité d'être infecté par Zika lorsqu'une personne est piquée reste très basse. Elle est plus importante dans les régions pauvres où de nombreuses personnes vivent proches les unes des autres.

/ATS
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