Irak: l'ONU dénonce les atrocités et la vengeance des milices

Irak: l'ONU dénonce les atrocités et la vengeance des milices

Photo: Keystone

Les milices irakiennes proches des forces de sécurité sont responsables d'exécutions, de rapts et de torture auprès de ceux qui fuient Fallouja, a dit mardi à Genève l'ONU. Le Haut Commissaire aux droits de l'homme condamne le 'pire incident' perpétré par ces unités.

Quelque 600 hommes restent enlevés par une milice chiite, alors que d'autres ont été tués. Quatre personnes auraient été décapitées. Deux auraient été brûlées vives. D'autres détenus ont été abattus ou étranglés. Certains ont été battus avec des pelles, des tuyaux ou d'autres instruments.

Le Haut Commissaire Zeid Raad al-Hussein a dénoncé 'le pire' incident présumé perpétré par des milices. 'Ces crimes ne sont pas seulement horribles. Ils sont contreproductifs et incitent la population à rejoindre l'Etat islamique (EI)', dit M. Zeid. D'autant plus que l'offensive sur Mossoul devrait avoir lieu prochainement.

Début juin, selon plusieurs témoignages, près de 8000 civils ont quitté leur village de Saqlawiyah, près de Fallouja. Ils ont entendu les assurances données par haut-parleur par des unités qui ressemblaient à celles du gouvernement.

Entassées sans eau ni nourriture

Mais une fois à leur hauteur, derrière le drapeau irakien se trouvait celui de la milice Kataaib Hezbollah. Ses membres ont immédiatement séparé les hommes des femmes et des enfants transférés dans un camp à Amiryat al Fallouja. Les hommes ont été emmenés dans des entrepôts avant d'être déplacés à plusieurs reprises dans les quatre jours suivants.

Les mauvais traitements ont alors débuté. Plus de 60 personnes étaient entassées parfois dans une salle. Sans eau et sans nourriture et avec peu ou pas de ventilation. Après les demandes des personnes retenues, les miliciens ont alors perpétré les exactions. Ils ont revendiqué ces violations en réponse à un massacre de l'EI.

Le 5 juin, les détenus ont été séparés en deux groupes. Quelque 600 personnes ont pu rejoindre les femmes et les enfants. M. Zeid est préoccupé par la situation des autres hommes, environ 900 personnes.

Hors de contrôle

Parmi eux, figure une liste de 643 portés disparus et une cinquantaine qui auraient été exécutés de manière sommaire ou torturés. Des responsables locaux estiment qu'environ 200 personnes ne sont pas prises en compte dans ces données.

Ces milices chiites 'ne sont pas sous contrôle', a déploré devant la presse un porte-parole du Haut Commissariat, Rupert Colville. Le premier ministre irakien a lancé des investigations.

Mais M. Zeid appelle à 'une action forte et immédiate' pour localiser les disparus. Il dénonce l'attentat de dimanche de l'EI à Bagdad. Mais il déplore encore des représailles contre des personnes qui ne lui sont pas liées.

/ATS
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