Kaboul peine à rétablir la confiance des donateurs internationaux

Kaboul peine à rétablir la confiance des donateurs internationaux

Photo: Keystone

Les forces afghanes ont poursuivi mardi la reprise en main de Kunduz après la démonstration de force des talibans. Mais en pleine conférence des donateurs à Bruxelles, la confiance était loin d'être rétablie suite à cette offensive, la deuxième en un an.

Selon le chef de la police de Kunduz, le général Mohammad Qasim Jangalbagh, 'les talibans ont été repoussés hors du centre, mais les combats se poursuivaient en fin d'après-midi à l'extérieur de la ville, principalement dans le sud'.

La population continue, elle, de se terrer, les magasins étaient fermés, les rues désertées et des dizaines de familles essayaient de fuir à bord de bus pour la capitale Kaboul.

Malgré les renforts des forces spéciales et l'appui des Américains déployés en Afghanistan dans le cadre de l'OTAN, la confiance est loin d'être rétablie après cette nouvelle offensive éclair des insurgés islamistes.

Pour mémoire, la chute de Kunduz il y a un an et la bataille consécutive avaient fait près de 300 morts et 600 blessés, selon l'ONU.

Fuite devant l'ennemi

D'après le décompte du directeur du département provincial de la santé, Abdul Hamid Aalem, 'en deux jours, 107 civils ont été admis à l'hôpital central, la plupart blessés par balles et par des éclats de mortier, ainsi qu'un mort hier'.

Les forces gouvernementales avaient repris la main sur Kunduz dans la soirée de lundi, une vingtaine d'heures après l'irruption des insurgés, grâce au renfort d'une centaine d'unités des forces spéciales, a précisé le ministère afghan de l'Intérieur.

La facilité avec laquelle les insurgés sont entrés dans cette capitale provinciale pour la contrôler quelques heures et planter leur drapeau en plein centre vaut de vives critiques aux autorités. D'autant qu'a lieu jusqu'à mercredi à Bruxelles la conférence des donateurs qui doivent renouveler plusieurs milliards de dollars d'engagements au pays.

Les troupes gouvernementales ont été accusées de fuir devant l'ennemi, comme sur d'autres fronts cet été. C'est faux, a rétorqué le porte-parole de la défense, le général Dalat Waziri: 'Nos forces n'ont pas abandonné un seul barrage. Mais l'ennemi est entré en se cachant dans les maisons et nous avons évité de riposter pour ne pas causer de victimes civiles'.

Pressions sur les donateurs

Cette nouvelle offensive talibane bien coordonnée sur Kunduz, noeud commercial stratégique aux portes du Tadjikistan, illustre l'insécurité persistante en Afghanistan. Pour le général Waziri et les observateurs à Kaboul, il s'agissait surtout pour les talibans de 'montrer à la conférence de Bruxelles qu'ils sont toujours là'.

Mais ils semblent bien avoir pris de court les responsables afghans et leurs alliés américains, qui avaient juré l'an passé empêcher toute nouvelle prise d'une capitale provinciale.

La conférence de Bruxelles réunit plus de 70 pays pour évaluer l'aide financière à apporter à l'Afghanistan d'ici 2020, avec l'objectif déclaré d'empêcher l'effondrement du pays.

Corruption rampante

Dans un rapport publié mardi à l'occasion de la conférence, l'ONG Transparency International (TI) a affirmé que la corruption reste un frein à l'efficacité de l'aide financière internationale à destination de l'Afghanistan. Le gouvernement de Kaboul est appelé à 'accélérer' ses réformes dans ce domaine.

'La corruption continue d'attiser la guerre en cours et de miner l'efficacité des milliards de dollars d'aide internationale', estime Srirak Plipat, directeur de TI pour la région Asie-Pacifique, cité dans un communiqué. Selon lui, un huitième de l'aide est dilapidé par ce biais.

/ATS
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