L'émissaire pour la Syrie a établi jusqu'à douze principes de base

Les pourparlers accouchent de 12 principes alors que l'armée avance

Photo: Keystone

Douze points généraux identifiés comme des convergences mais pas d'avancée sur la transition politique. Le deuxième tour des pourparlers indirects sur la Syrie s'est achevé jeudi à Genève, alors qu'Américains et Russes se rencontraient à Moscou.

Au terme de ce tour de discussions, l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura a soumis une liste de 12 'principes de base pour une solution politique' au régime et à l'opposition du Haut Comité des négociations (HCN). Il la considère comme 'un bon moyen de trouver des convergences'.

L'objectif est de pouvoir entamer les discussions sur la transition politique dès la reprise des pourparlers, prévue vers le 9 ou 10 avril. M. de Mistura en fait une condition pour pouvoir garantir durablement une trêve et l'aide humanitaire.

Si l'une des parties devait chercher à refuser la discussion sur une transition politique, il promet d'être 'inventif' pour éviter un tel scénario. Le régime organise des élections législatives le 13 avril et a laissé entendre qu'il pourrait ne pas revenir avant. Mais il a promis de répondre au document de l'émissaire.

Armée unifiée, réparations et Etat laïc

Les 12 points portent sur le respect de l'intégrité territoriale, la non-interférence d'autres pays, la protection des différentes identités culturelles ou encore la représentation de 30% de femmes dans les institutions qui devront bénéficier d'une continuité.

Ils reprennent aussi l'objectif de la résolution du Conseil de sécurité, soit un gouvernement de transition dans les six mois, une nouvelle Constitution et des élections dans les 18 mois. Une armée nationale unifiée est prévue dans les points de M. de Mistura, de même que le besoin de la lutte contre le terrorisme et le retour des réfugiés et des déplacés qui le souhaitent.

Il faudra 'reconstruire du consensus autour de l'armée nationale', a affirmé une membre du HCN, Bassma Kodmani. Côté financier, des réparations devront être attribuées et une conférence de donateurs devra permettre le développement du pays. Un Etat qui sera laïc avec égalité des droits pour tous les Syriens.

Selon l'opposition, le document de M. de Mistura est 'constructif'. Mais les deux semaines de réunion n'auront réussi qu'à 'poser des bases'. Pour avancer, la Russie devra 'faire pression' sur le régime, affirme le HCN.

Jeudi, l'attention était aussi tournée vers Moscou, où le secrétaire d'Etat américain John Kerry a rencontré le président russe Vladimir Poutine après avoir discuté auparavant avec le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Armée syrienne à Palmyre

'Nous avons, bien évidemment, des idées sur la façon la plus efficace pour faire ensemble plus de progrès, ainsi que des idées sur le début du très important processus de transition politique', a expliqué M. Kerry. Sa venue 'donne une chance de progresser vers une décision sur des questions sérieuses', a répondu M. Poutine.

Depuis un mois, malgré quelques incidents, la trêve est globalement respectée. Selon un diplomate occidental, l'opposition n'a pas vu venir cette cessation des hostilités.

Moscou concentre ses bombardements désormais uniquement sur les cibles de l'Etat islamique (EI). Une situation qui a permis à l'armée syrienne d'entrer jeudi dans la ville de Palmyre contrôlée depuis mai dernier par les djihadistes.

/ATS
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