La Turquie et la Grèce font front commun contre les passeurs

La Turquie et la Grèce font front commun contre les passeurs

Photo: Keystone

Au lendemain du sommet de Bruxelles UE-Turquie, Athènes et Ankara sont convenus mardi de la nécessité de combattre les passeurs en mer Egée et de mettre fin aux migrations clandestines. Ils se sont accordés sur un mécanisme renforçant les réadmissions en Turquie.

'La Turquie et la Grèce apportent une réponse commune à ceux qui en Europe estiment que la Grèce et la Turquie devraient gérer seules cette crise', a dit le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu lors d'une conférence de presse commune avec son homologue grec, Alexis Tsipras, à Izmir, sur la côte turque.

Les deux pays, a-t-il dit, se sont mis d'accord sur un cadre légal pour combattre les migrations illégales. 'L'objectif est de décourager les migrations illégales et de repérer les Syriens dans nos camps, que l'UE acceptera via un canal (d'admission) légal', a ajouté Davutoglu.

Renvois immédiats

Un responsable grec a précisé que si Athènes et Ankara étaient déjà liés par un accord bilatéral de réadmission, l'arrangement signé mardi modifiait le mécanisme de sorte que les migrants arrivés dans des conditions illégales pourront être renvoyés immédiatement.

Tsipras a confirmé que les deux pays, en première ligne dans la crise, s'étaient accordés pour intensifier la lutte contre les réseaux de passeurs.

Le principe de réadmission qui figure dans la déclaration adoptée lundi soir à Bruxelles, a poursuivi le Premier ministre grec, envoie un message clair aux migrants: il n'existe 'ni volonté politique, ni capacité' de les accueillir en Europe.

'C'est la réalité que nous devons leur faire passer sincèrement afin de stopper, de réduire ce flot insupportable pour nos pays', a dit M. Tsipras.

Frontières fermées

La décision de plusieurs pays d'Europe centrale de fermer leurs frontières a de facto fermé la 'route des Balkans' qu'empruntaient les migrants, après leur arrivée sur les îles grecques de la mer Egée, pour poursuivre leur exode vers l'Europe occidentale, principalement l'Allemagne.

La Slovénie a à son tour annoncé mardi qu'elle ne laisserait plus, sauf exceptions 'humanitaires', transiter de migrants par son territoire à partir de minuit, avec pour finalité de fermer la route des Balkans.

L'accès à la Slovénie ne sera plus autorisé qu'aux 'étrangers remplissant les conditions pour entrer dans le pays', à ceux souhaitant y demander l'asile, ainsi qu'à des migrants sélectionnés 'au cas par cas, en fonction de motifs humanitaires et en accord avec les règles de l'espace Schengen', a indiqué un communiqué du ministère slovène de l'Intérieur.

34'000 migrants bloqués en Grèce

Conséquence directe : les autorités grecques estimaient mardi à 34'000 le nombre de migrants bloqués en différentes régions de Grèce, dont plus de 13'000 à Idoméni, du côté grec de la frontière - fermée - avec la Macédoine.

/ATS
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