La culture d'opium de nouveau en plein essor

La culture d'opium de nouveau en plein essor

Photo: Keystone

La culture d'opium en Afghanistan, premier producteur d'héroïne au monde, a atteint cette année son 3e niveau de production le plus élevé depuis 20 ans, a annoncé dimanche l'ONU. Avec en corollaire, l'insécurité qui s'étend dans le pays.

Dans son rapport annuel, l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) estime que la surface cultivée a augmenté d'environ 10% par rapport à 2015 pour couvrir 201'000 hectares. Cette augmentation des cultures serait en partie attribuée 'aux meilleures conditions climatiques'.

'L'enquête met en lumière une inversion préoccupante des efforts pour combattre le problème persistant des drogues illégales et leur impact sur le développement, la santé et la sécurité', souligne le directeur exécutif de l'ONUDC, Youri Fedotov, dans un communiqué.

Le recul des forces gouvernementales dans de nombreuses régions sous la pression des attaques des talibans a entraîné l'effondrement des programmes d'éradication de la culture d'opium mis en place après l'invasion de l'Afghanistan par les forces américaines en 2001.

Pour la ministre afghane chargée de la lutte anti-drogue, Salamat Azimi, 'la cause principale de cette hausse est l'insécurité aggravée et le manque de fonds dédiés' à l'éradication.

L'opium s'étend parallèlement à travers le pays, puisque sur les 34 provinces, 21 en cultivent, soit une de plus qu'en 2015. 'Il est très perturbant de voir la culture du pavot s'étendre dans les provinces du nord' où il était presque inexistant, a relevé le responsable de l'ONUDC à Kaboul, Andrey Avetisyan.

Le rapport de l'ONUDC note en outre une forte augmentation des rendements cette année, estimée à + 30%, ce qui pourrait faire de 2016 l'une des sept plus grosses années de production de l'histoire du pays, en hausse de 43% par rapport à 2015. L'agence de l'ONU précise toutefois que ces estimations en matière de récolte sont moins fiables que celles concernant la surface cultivée.

Amertume

Si M. Avetisyan refuse de parler d'échec, en rapportant les performances de 2016 à la moyenne des dernières années, les responsables afghans de la lutte anti-drogue n'ont pas caché leur amertume à l'énoncé de ces données qui promettent davantage de violence et d'insécurité, les talibans finançant leur insurrection par le prélèvement de taxes sur les cultivateurs de pavot.

La province de Helmand, frontalière du Pakistan, compte par exemple parmi les provinces les plus troublées avec l'Uruzgan voisin et échappe largement au contrôle du gouvernement.

/ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.