La gauche peut mourir, prévient Manuel Valls

La gauche peut mourir, prévient Manuel Valls

Photo: Keystone

Manuel Valls appelle une nouvelle fois la gauche à dépasser ses divisions intestines, lors d'un entretien dans le Journal du Dimanche. Et ce, pour éviter une élimination dès le premier tour de la présidentielle de 2017, voire une disparition pure et simple.

'Nous pouvons être pulvérisés au soir du premier tour', rappelle le Premier ministre. Et 'la gauche peut mourir', ajoute-t-il dans cette interview publiée le jour du second tour de la primaire de la droite qui voit s'affronter François Fillon et Alain Juppé.

Alors qu''une France plus dure, plus injuste' se prépare 'quel que soit le candidat' que désignera la droite, Manuel Valls refuse de laisser à l'extrême droite le monopole de l'opposition à son programme. 'Je demande à tous les progressistes, à la gauche réformiste et à toute la gauche, de se ressaisir', ajoute-t-il.

'La gauche doit se réconcilier avec elle-même pour pouvoir se réconcilier avec les Français', souligne-t-il.

Main tendue

Ce nouveau message de main tendue du Premier ministre 'à tous les électeurs de la gauche' est notamment adressé à son ancien ministre de l'Economie Emmanuel Macron, qui a décidé de se lancer dans la course à l'Elysée sans passer par la case primaire. Mais il s'adresse aussi 'à tous les responsables de la gauche' et 'à ceux qui ont participé au gouvernement de la France depuis 2012 mais aussi avant, avec Lionel Jospin'.

Les propos du Premier ministre sont publiés au lendemain de l'annonce d'une candidature directe à la présidentielle de Sylvia Pinel, la présidente du Parti radical de gauche, partenaire du PS depuis le début du quinquennat de François Hollande.

Quant au Parti communiste français, qui avait participé à la 'majorité plurielle' incarnée par le gouvernement Jospin, il a choisi samedi de soutenir la candidature de l'ex-socialiste Jean-Luc Mélenchon.

'Je m'y prépare'

Le Premier ministre, qui semble se préparer de plus en plus à constituer un recours au cas où François Hollande, très bas dans les sondages d'opinion, renoncerait à briguer un nouveau mandat, déclare une nouvelle fois être prêt au face-à-face contre la droite. 'Je m'y prépare, j'y suis prêt', indique-t-il dans les colonnes du journal dominical.

Les dernières semaines ont été marquées par une multiplication des tensions larvées entre le chef de l'Etat, qui devrait dissiper le mystère sur ses intentions pour 2017 dans les prochains jours, et le Premier ministre, qui a pris ses distances depuis la publication du livre controversé de confidences 'Un président ne devrait pas dire ça...'.

Manuel Valls, qui assure une nouvelle fois de ses 'rapports de respect, d'amitié, et de loyauté' mais aussi de 'franchise' avec François Hollande relève que sa responsabilité est de 'tenir compte de ce climat' changé depuis la parution de l'ouvrage qui a plongé la gauche dans 'un profond désarroi'. 'Je n'oublie pas que le Président a été élu par les Français en 2012. Mais toute candidature doit intégrer le rapport avec les Français, avec la gauche, avec notre famille politique.'

/ATS
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