La trêve d'Alep durera trois jours, selon l'armée syrienne

Combats après l'entrée en vigueur de la trêve

Photo: Keystone

La trêve 'humanitaire' décrétée par la Russie est entrée en vigueur jeudi matin à Alep, dans le nord de la Syrie. Des combats et des tirs d'artillerie ont aussitôt éclaté dans un des couloirs censés permettre d'évacuer les civils et les rebelles qui le souhaitent.

Les forces gouvernementales ont ouvert des corridors dans le quartier de Boustane al Qasr et le secteur de la route du Castello, situé dans le nord de la ville, où des autocars verts ont pris position, selon des images diffusées par la télévision publique.

'Nous garantissons une évacuation sûre. Sauvez vos familles !', clamaient des haut-parleurs disposés par l'armée aux abords de l'un de ces corridors.

Rebelles mis en cause

Selon la chaîne de télévision gouvernementale Al Ikhbariyah, les rebelles ont répondu par des tirs de mortiers en direction de zones où se dirigeaient des ambulances chargées de participer à l'évacuation. L'agence officielle Sana a accusé 'des groupes terroristes' d'être responsables des tirs.

Des journalistes de l'AFP présents dans la zone ont confirmé que des affrontements et des tirs d'artillerie ont éclaté dans un couloir établi près du quartier de Boustane al-Qasr contrôlé par les rebelles.

L'état-major russe avait annoncé mercredi que huit couloirs humanitaires avaient été mis en place: six pour l'évacuation de civils, de malades et de blessés, et deux pour le retrait de rebelles armés. Ces derniers peuvent toutefois également être utilisés pour les civils.

Piège du régime ou boucliers humains ?

Les 250'000 civils encore présents dans la partie assiégée ne semblent pour l'heure pas disposés à emprunter les corridors. Selon l'armée syrienne, les rebelles les en empêchent parce qu'ils leur servent de bouclier humain.

Selon des insurgés et des habitants de la ville, les corridors sont un piège tendu par Damas et Moscou qui souhaitent ainsi pouvoir vider Alep et contraindre les rebelles à la reddition.

'Ils parlent de corridors humanitaires, mais pourquoi n'autorisent-ils pas l'acheminement de nourriture dans Alep-Est pour alléger nos souffrances ? Nous n'avons besoin que d'une chose, c'est que les bombardiers russes cessent de tuer nos enfants', a déclaré Amar al Karan, qui habite le quartier de Sakhour.

Scepticisme de l'ONU

L'ONU a, elle aussi, fait part de son scepticisme à l'égard de cette trêve unilatérale, estimant qu'elle n'aurait d'intérêt que si elle était associée à l'envoi d'aide humanitaire pour ceux qui veulent rester à Alep. Selon elle, les équipes chargées d'acheminer de l'aide ont besoin 'd'au minimum 48 heures' de pause dans les combats.

Moscou avait annoncé mercredi que la trêve durerait onze heures, et non huit comme annoncé initialement. Toutefois, dans la soirée, l'armée syrienne a affirmé que celle-ci durerait trois jours, chaque jour de 08h00 à 16h00 (07h00 à 15h00 suisses).

Depuis deux jours, le régime de Damas et son allié russe ont suspendu leurs raids aériens visant les quartiers Est d'Alep. Mercredi soir, après des entretiens à Berlin avec les dirigeants français et allemand, le président russe Vladimir Poutine s'est dit prêt à prolonger 'autant que possible' l'arrêt des frappes aériennes.

Menace de sanctions

Angela Merkel et François Hollande ont de leur côté brandi la menace des sanctions contre la Russie. La chancelière allemande a estimé qu''on ne peut pas se priver de cette option', tandis que le chef de l'Etat français M. Hollande a affirmé que 'tout ce qui peut être de l'ordre de la menace peut être utile'.

Les 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE doivent évoquer jeudi soir à Bruxelles le rôle de la Russie dans le siège d'Alep. Selon un projet d'accord, ils envisagent 'toutes les options y compris des sanctions supplémentaires' ciblant 'les soutiens du régime'.

Par ailleurs, des bombardements de l'aviation turque ont tué 160 à 200 morts miliciens kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) dans une série de raids au nord d'Alep, a indiqué l'armée turque. Cette zone été reprise récemment à l'Etat islamique (EI).

/ATS
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