Le climat politique se durcit en France avant les régionales

L'opposition de droite a lézardé mardi 'l'unité nationale' en huant le gouvernement à l'Assemblée quatre jours après les attentats de Paris. Mercredi, elle a fait amende honorable et applaudi Manuel Valls et Bernard Cazeneuve.

L'image 'désastreuse', de l'avis de parlementaires mais surtout d'électeurs furieux de l'attitude des députés, renvoyée par la séance des questions à l'Assemblée a suscité un flot de critiques outrées sur les réseaux sociaux.

'On a déconné hier', concède un député du parti Les Républicains (LR) sous le sceau de l'anonymat. 'On a eu des remontées très critiques de nos circonscriptions', a-t-il confié à Reuters.

Un autre élu LR, réputé pour ses déclarations 'musclées', a déploré sous le sceau de l'anonymat une séance 'pathétique des deux côtés'. Il propose que les députés soient désormais assis par ordre alphabétique dans l'hémicycle pour éviter ce genre d'incidents.

Attaques de Sarkozy

Quelques élus ont toutefois tenté de justifier les réactions de la veille par l'attitude 'agressive' de Manuel Valls qui selon eux n'a 'pas été à la hauteur de la situation', alors que l'ancien président Nicolas Sarkozy ne cesse de critiquer l'action de l'exécutif par médias interposés.

'A quel niveau de victimes faut-il fixer la barre pour employer le mot faille ? Est-ce que toutes les conséquences ont été tirées après les attentats du mois de janvier ? La réponse est non. Trop de temps a été perdu', a ainsi dénoncé l'ancien président français dans un entretien publié par le journal Le Monde.

En outre, 'le gouvernement n'a pas non plus tiré toutes les conséquences de notre intervention militaire en Syrie sur le plan de la sécurité intérieure', explique le chef de l'opposition, estimant qu'il 'aurait fallu renforcer le dispositif antiterroriste' aussitôt.

Accalmie pour Taubira

Le chef de file de LR, Christian Jacob, a réuni mercredi les députés pour tirer les leçons du désordre de la veille. Emmenés par le député Bruno Le Maire, qui a posément défendu en préambule de la séance de mercredi les nécessités et contreparties de l'union nationale, les députés LR ont applaudi notamment le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, qui a rendu hommage aux forces de l'ordre à la suite de l'opération de Saint-Denis.

Même la ministre de la Justice Christiane Taubira, régulièrement conspuée dans l'hémicycle, a pris la parole dans un silence sans précédent. 'On a décidé de ne plus tirer à boulets rouges sur Taubira', explique un député.

Echange de bons procédés

Dans un échange de bons procédés, le président socialiste de l'Assemblée, Claude Bartolone, a consenti à reporter à mardi soir l'examen de la loi Santé, comme le réclamait l'opposition, après avoir obtenu l'engagement de Christian Jacob que ses troupes se tiendraient correctement.

'L'union nationale, ça ne peut pas être Hollande et Valls agissent et l'opposition se tait. Il faut que chacun fasse une part du chemin', a toutefois prévenu le député Daniel Fasquelle, proche de M. Sarkozy. 'On attend surtout de François Hollande et de Manuel Valls qu'ils respectent l'opposition, qu'ils nous tendent la main et qu'ils ouvrent vraiment le dialogue', a-t-il ajouté.

/ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.