Le président syrien prêt à coopérer avec Trump

Le président syrien prêt à coopérer avec Trump

Photo: Keystone

Le président syrien Bachar al-Assad s'est dit prêt à coopérer avec Donald Trump dans la lutte contre les islamistes. Il a toutefois prévenu qu'il fallait 'attendre de voir' si le futur président américain allait changer la politique américaine vis-à-vis de la Syrie.

Réagissant pour la première fois à l'élection du milliardaire à la présidence américaine il y a une semaine, Bachar al-Assad a jugé que Donald Trump avait tenu des propos prometteurs sur la nécessité de combattre les islamistes en Syrie, 'mais pourra-t-il tenir sa promesse?', s'est-il interrogé.

'Que deviennent les forces contraires au sein de l'administration?', a déclaré le président syrien, évoquant 'des lobbies et des puissances' rivaux lors d'une interview à une chaîne de télévision portugaise, dont des extraits ont été diffusés mardi par la télévision d'Etat syrienne.

'Assad tue l'EI'

'C'est pour cette raison que nous sommes très prudents dans notre jugement à son égard (...) mais disons que s'il combat les terroristes, bien sûr, nous serons ses alliés, un allié naturel avec les Russes, les Iraniens', a ajouté Bachar al-Assad.

Pendant sa campagne, Donald Trump s'est interrogé sur la pertinence de soutenir les rebelles. Il a minimisé le but officiel de Washington, qui réclame le départ de Bachar al-Assad, et il a aussi observé que s'il n'aimait pas le président syrien, que M. 'Assad tue l'EI' avec l'Iran et la Russie.

Dans une interview à la BBC, l'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, estime que le président élu américain a raison de vouloir travailler avec la Russie contre l'Etat islamique en Syrie. Il l'exhorte toutefois aussi à favoriser des réformes politiques pour empêcher le groupe djihadiste de recruter davantage.

Une victoire à long terme contre l'EI requiert une 'approche complètement nouvelle', fait valoir le diplomate italo-suédois. 'En d'autres termes, une sorte de décentralisation politique en Syrie. Autrement, beaucoup d'autres gens, malheureux en Syrie, pourraient rejoindre Daech alors qu'ils sont en train de combattre Daech', dit-il, employant l'acronyme arabe de l'EI.

Staffan de Mistura évoque un système décentralisé à l'irakienne, où les Kurdes auraient une certaine autonomie et où les musulmans sunnites ne se sentiraient pas privés de leurs droits.

/ATS
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