Le sexisme contre les femmes parlementaires largement répandu

Le sexisme contre les femmes parlementaires largement répandu

Photo: Keystone

Sexisme, harcèlement et violence contre les femmes parlementaires sont largement répandus dans le monde. Des dizaines d'entre elles ont pour la première fois révélé ces abus dans une étude publiée mercredi à Genève.

L'Union interparlementaire (UIP) a mené des discussions approfondies avec plus de 50 femmes parlementaires dans 39 pays des cinq régions du monde.

Plus de 80% des femmes interrogées déclarent avoir subi une violence psychologique. Elles sont plus de 40% à avoir reçu des menaces de mort, de viol, de coups ou d'enlèvement au cours de leur mandat. Des menaces qui sont parfois aussi lancées contre leur famille.

Une femme sur 5 victime de harcèlement

Au total, deux tiers affirment avoir été victimes d'insultes sexistes à plusieurs reprises. Et 20% des femmes interrogées ont été l'objet de harcèlement sexuel. Le taux de celles qui ont été confrontées à des tentatives de rapports sexuels contraints est lui de 7,3%.

Au plan des violences physiques, une femme parlementaire sur cinq a été giflée, poussée, frappée ou visée par un objet. Plus de 12% ont été ciblées ou menacées de l'être par des armes.

Le secrétaire général de l'UIP Martin Chungong reconnaît que l'échantillonnage est réduit. Mais 'le problème est beaucoup plus répandu' que ce que l'organisation pensait. Et beaucoup moins évoqué aussi.

Centaines de menaces en quelques jours

Il appelle les parlementaires à lutter contre le sexisme et le harcèlement. Il dénonce ces pratiques menées sous prétexte d'un 'prix à payer pour permettre aux femmes de participer à la vie politique'.

Selon une parlementaire européenne, la violence psychologique est surtout présente sur les réseaux sociaux. Elle a reçu notamment plus de 500 menaces de viol en quatre jours. Mais le sexisme se manifeste également par des 'bruits inappropriés' produits par des collègues de ces femmes.

'Les Parlement doivent mettre de l'ordre sans leurs propres affaires', souligne M. Chungong. Les femmes parlementaires ne peuvent travailler librement et en toute sécurité, selon l'UIP. Pour autant, 80% de celles qui ont été victimes de violences sexistes affirment ne pas vouloir renoncer à leur mandat ni à en briguer un nouveau. Il faut évoquer ce problème du sexisme, souligne de son côté M. Chungong.

/ATS
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