Les Américains de Genève plongés dans une nuit d'incertitudes

Les Américains de Genève plongés dans une nuit d'incertitudes

Photo: Keystone

'Beaucoup de gens vont être surpris ce soir'. En arrivant mardi à la nuit électorale pour les Américains de Genève, le républicain James Foley n'imaginait probablement pas à quel point sa prédiction allait se muer pour la foule en incertitude et consternation.

Il est 06h25, la prise du grand écran est débranchée, sans que les résultats ne soient encore connus. Une vingtaine de personnes sont encore présentes parmi les 300, très largement favorables aux démocrates, qui ont garni la villa louée pour l'occasion. Premier symbole de l'étendue de la surprise face à ce scénario haletant, les organisateurs avaient prévu de libérer les locaux à 05h00. Les ballons traditionnellement lâchés au moment de la victoire restent bien accrochés.

'Cela va durer jusqu'à midi', avait prédit auparavant l'une des responsables des démocrates de l'étranger (Democrats abroad) en Suisse. Le républicain Donald Trump a pris une avance importante sur la démocrate Hillary Clinton. 'Mais qu'est-ce qui se passe ?', s'est demandée quelques instants auparavant une partisane démocrate. Malgré la nervosité, Victoria, 22 ans, voulait elle rester optimiste sur un succès de la candidate démocrate.

L'élection de M. Trump ne 'rendrait pas service à beaucoup d'Américains', dit-elle, venue avec une amie britannique. Mais aux applaudissements nourris d'encouragement à chaque Etat glané par Mme Clinton après un début de nuit plutôt feutré, suivent désormais des visages consternés, des déclarations de tristesse, des yeux rivés sur les téléphones portables.

'Ohio, baby!'

'Quand on leur dit que le gouvernement, les gens le croient', regrette la responsable de communication des Democrats abroad Suisse, Valerie Mims. Côté républicain, M. Foley fanfaronne. 'Ohio, baby', crie-t-il lorsque cet Etat-clé tombe dans l'escarcelle de M. Trump.

Son camarade de parti Paul, 59 ans, est 'choqué'. Jamais il ne pensait voir le milliardaire en avance dans autant d'Etats-clés. Comme d'autres, il a plutôt voté pour le libertarien Gary Johnson. Mme Clinton est 'plus proche' de la politique du parti républicain que M. Trump et ses diatribes anti-globalisation, selon lui.

Et 'ce qu'il dit ne parle simplement pas' aux républicains de l'étranger. Paul dit son 'effroi'. Un terme pas assez fort pour une jeune démocrate devant lui qui préfère celui d''horreur'. Surtout en pensant que le candidat républicain pourrait 'toucher le bouton nucléaire'.

Mais il fera mieux avancer l'économie américaine, rétorque un partisan affiché de Donald Trump, Thaddeus, plus jeune. A ses côtés, il importe peu à Terell qui remporte le scrutin tant qu'il ou elle sera celui ou celle qui contribuera à améliorer la situation dans le pays.

Trump sur les chaussettes

Dans les deux salles acquises à Hillary Clinton, seuls quelques républicains, moins d'une dizaine, s'étaient aventurés. Pourtant, pour la première fois, les sections suisses des démocrates et républicains de l'étranger ont organisé la soirée conjointement. 'Nous ne les avons pas beaucoup vus', affirme la présidente du Comité d'organisation et des démocrates en Suisse Anne-Shelton Aaron.

D'emblée, elle avait averti que 'nous n'avons pas réussi à trouver Fox News', la chaîne de télévision conservatrice. Casquette avec le slogan de Donald Trump sur la tête et portrait du milliardaire sur ses chaussettes, le coprésident des républicains de l'étranger en Suisse Edward Karr est parti rapidement. Non sans un cri d'exhortation pour M. Trump, même s'il prédisait un succès de Mme Clinton.

Il fait encore remarquer que la cinquantaine de membres de la section de Genève ont l'habitude d'être seuls, face aux milliers de démocrates. La plus applaudie de la soirée aura sans nul doute été l'ambassadrice américaine en Suisse Suzi LeVine. Par vidéo depuis Berne, elle souligne l'importance des expatriés. Avant 03h00, elle affirme que ce scrutin montre que 'chaque voix compte'.

Plus tard, Mme Aaron a changé son optimisme en discours plus volontariste. 'J'ai décidé que je crois qu'elle va gagner', glisse-t-elle encore. Avant de nettoyer les salles devant les dernières estimations.

/ATS
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