Les Français revenant de Syrie pourront être « assignés à résidence »

Attentats à Paris: la traque se poursuit

Photo: Keystone

Véhicule découvert à Paris, potentielle base arrière en Ile-de-France, une centaine de perquisitions: les enquêteurs ont tenté mardi de reconstituer le parcours des auteurs des attentats parisiens de vendredi, dont au moins un est toujours en fuite.

L'enquête sur les tueries sans précédent perpétrées le 13 novembre par plusieurs djihadistes, dont sept kamikazes, s'est à nouveau concentrée mardi sur la région parisienne. Les attentats ont fait 129 morts et 352 blessés près du Stade de France, dans la salle de concert du Bataclan et dans plusieurs bars et restaurants de la capitale française.

Une Clio noire immatriculée en Belgique, qui a pu servir à la préparation des attentats, a été retrouvée dans le nord de Paris. Elle a été louée par Salah Abdeslam, le suspect-clé, toujours traqué par les enquêteurs, qui n'excluent pas l'hypothèse d'un deuxième fuyard.

Cet homme de 26 ans a également loué une Polo noire retrouvée devant le Bataclan, où 89 personnes ont péri. Les enquêteurs pensent qu'il a formé avec son frère Brahim, qui s'est fait sauter boulevard Voltaire, l'équipe qui a criblé de balles des terrasses de restaurants, avant d'être exfiltré par deux complices vers la Belgique. Un troisième frère l'a appelé à se rendre, sur BFM TV.

'Planque' en banlieue parisienne

Deux hommes, de 27 et de 20 ans, arrêtés samedi dans le quartier populaire bruxellois de Molenbeek, plaque tournante du djihadisme, et inculpés par la justice belge pour 'attentat terroriste', sont soupçonnés d'être ses complices. Ils avaient été contrôlés samedi matin par des gendarmes français près de la frontière belge, avec un homme muni des papiers d'identité de Salah Abdeslam. Pas encore recherchés, ils avaient pu poursuivre leur route.

Des perquisitions ont par ailleurs été menées dans un hôtel d'Alfortville, en banlieue parisienne, où deux chambres, aussi louées avec la carte bancaire de Salah Abdeslam, pourraient avoir été occupées par des assaillants. Ce fuyard a côtoyé un djihadiste belge qui vivrait en Syrie et serait le possible 'inspirateur' du carnage. Ce membre très actif de l'EI, 28 ans, déjà soupçonné d'avoir commandité des attentats projetés en Belgique, est recherché depuis janvier.

Dans ce contexte, la Belgique a relevé son niveau d'alerte et déployé des militaires sur ses sites sensibles.

Un autre djihadiste, français cette fois, intéresse de près les enquêteurs: un homme de 35 ans, vétéran toulousain des filières radicales, qui a lu dans un enregistrement audio la revendication des attaques parisiennes par l'EI, selon des sources proches de l'enquête.

Un neuvième assaillant?

Une vidéo accrédite par ailleurs l'existence d'un neuvième assaillant, membre du commando qui a attaqué des terrasses de cafés et restaurants, ont affirmé des sources proches de l'enquête et policière.

Quatre des sept kamikazes ont déjà été identifiés, tous français. Ils semblent tous être allés en Syrie dans les zones de djihad. Six personnes étaient par ailleurs toujours en garde à vue mardi dans l'entourage de deux des kamikazes.

Au total, 128 nouvelles perquisitions ont été effectuées en France dans la nuit de lundi à mardi, donnant lieu à dix interpellations, a annoncé le gouvernement. Les enquêteurs travaillent en outre sur l'hypothèse qu'un neuvième homme ait participé aux attaques et pris la fuite.

Dans la journée, l'arrestation de sept personnes près d'Aix-la-Chapelle en Allemagne a fait croire un instant à un lien avec les attentats. Mais le ministre de l'Intérieur allemand, Thomas de Maizière, a déclaré en soirée qu'il n'y avait a priori pas de lien direct établi. Elles devaient être ainsi libérées en soirée.

/ATS
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