Les candidats à la primaire de droite affichent leurs divergences

Les candidats à la primaire de droite affichent leurs divergences

Photo: Keystone

Les candidats de droite à la présidentielle française ont affiché jeudi leurs divergences lors du dernier débat avant le premier tour de la primaire, notamment sur les répercussions de l'élection de Donald Trump. François Fillon a été jugé le plus convaincant.

L'enjeu de cette primaire est majeur. Au vu du marasme à gauche, son vainqueur a de fortes chances, selon les sondages, de remporter le deuxième tour de la présidentielle en mai 2017 face à la candidate du Front national, Marine Le Pen.

Pour cette ultime confrontation à sept, les trois favoris s'en sont tenus à une partition personnelle, se gardant de lancer les hostilités. Ils ont fait valoir leur expérience, notamment sur les dossiers internationaux face à des outsiders condamnés à se partager les places d'honneur.

A cet exercice, Nathalie Kosciusko-Morizet s'est montrée la plus pugnace, visant clairement à ravir la quatrième place dans les sondages à un Bruno Le Maire à nouveau déstabilisé, moqué sur son aspiration au renouveau, et attaqué sur ses propositions de collège diversifié et de référendum européen.

'Quelle indignité'

Après un deuxième débat au parfum de règlement de comptes, où Nicolas Sarkozy avait été malmené par ses ex-ministres et soutiens, le troisième a été exempt d'invectives, à quelques piques près, entre l'ancien président d'une part, Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-François Copé d'autre part.

Les conséquences de l'élection du milliardaire populiste Donald Trump à la présidence des Etats-Unis ont fourni aux sept candidats la première occasion de se démarquer. Si tous se sont accordés sur le 'choc' que son arrivée au pouvoir pouvait provoquer sur la scène internationale, les principaux candidats ont divergé sur l'impact en France, sans évoquer le Front national.

La tension est brutalement montée lors d'une question d'un journaliste sur des soupçons de financement libyen reçu par Nicolas Sarkozy pour sa campagne présidentielle en 2007. 'Quelle indignité (...) Vous n'avez pas honte de donner écho à un homme qui a fait de la prison (...)?', a réagi M. Sarkozy, dans un silence de cathédrale.

Un homme d'affaires franco-libanais, Ziad Takieddine, affirme avoir remis des valises d'argent à l'ancien président et à son camp. Ce sulfureux intermédiaire a réitéré jeudi ses propos devant des enquêteurs français, sans toutefois pouvoir prouver que l'argent a servi à financer la campagne remportée par M. Sarkozy en 2007.

L'ancien chef de l'Etat a opposé mercredi un démenti formel à ces accusations, dénonçant 'une manoeuvre nauséabonde' pour interférer dans la primaire.

Fillon confirme

Autre signe de la nervosité ambiante: l'un des candidats, Bruno Le Maire, a vivement répliqué à un trait d'un journaliste sur sa campagne en perte de vitesse. 'Il y a une France des sondages. Il y a une France des commentateurs. Il y a une France des journalistes. Elle est totalement libre. Elle a le droit de le commenter. Et il y a la France des Français...', a taclé cet ancien ministre.

François Fillon, qui bénéficie d'une puissante dynamique en sa faveur en cette fin de campagne pour la primaire de la droite, est jugé le plus convaincant (33%) du dernier débat, devant Alain Juppé (32%) et Nicolas Sarkozy (18%), selon un sondage d'Elabe.

L'ex-premier ministre a encore davantage séduit les seuls sympathisants de la droite et du centre, qui sont 39% à l'avoir considéré comme le plus convaincant, tandis que 26% d'entre eux citent Nicolas Sarkozy et 25% Alain Juppé.

Lors des deux précédents débats, les téléspectateurs interrogés par Elabe avaient placé le maire de Bordeaux en tête des candidats les plus convaincants.

A l'approche du premier tour, François Fillon a fait un bond dans les sondages, passant par exemple de 20% à 27% des intentions de vote en quelques jours dans les enquêtes de l'Ifop-Fiducial, au point de talonner Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, à qui semblait jusqu'alors promis un match à deux.

En tête dans les enquêtes d'opinion depuis deux ans, l'ex-premier ministre Alain Juppé semble en perte de vitesse et est au coude-à-coude avec l'ancien président Nicolas Sarkozy.

/ATS
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