Les contestataires refusent de céder au diktat des autorités

Les contestataires refusent de céder au diktat des autorités

Photo: Keystone

Les opposants à un troisième mandat du président burundais Pierre Nkurunziza refusaient toujours ce week-end de se plier à l'injonction des autorités. Celles-ci ont exigé un 'arrêt immédiat' de leur 'insurrection'.

Dans plusieurs quartiers contestataires de la capitale, des manifestants ont renforcé leurs barricades samedi soir à l'issue d'une journée de 'trêve'. Ils craignaient une intervention des forces de sécurité à qui les autorités ont donné 48 heures pour les démanteler.

Les opposants réaffirment avec fermeté leur refus d'abandonner leur mouvement tant que M. Nkurunziza n'aura pas renoncé à sa candidature, qu'ils jugent contraire à la constitution. Dans le quartier de Musaga, au sud du centre-ville, des policiers arrivés dimanche dès l'aube ont réussi à dégager la majeure partie des barricades.

Nombreux coups de feu

Selon des témoins, il y a eu beaucoup de coups de feu et plusieurs blessés. Un d'entre eux serait décédé à son arrivée à l'hôpital, selon des témoignages recueillis par l'AFP. 'Les militaires sont venus nous dire que les routes devaient être débloquées et qu'on ne pouvait pas résister à des gens armés de fusils', a expliqué un des leaders du quartier.

Le Conseil national de Sécurité (CNS) a exigé samedi que cesse 'immédiatement et sans condition aucune, ce mouvement d'insurrection'. Il a ordonné aux forces de l'ordre de 'libérer les voies de communication' sous 48 heures, à Bujumbura et dans le reste du pays.

Le 'Collectif contre un 3e mandat', qui regroupe un millier d'associations de la société civile et les deux centrales syndicales du pays, 'considère la déclaration du Conseil national de sécurité (CNS) comme une déclaration de guerre au peuple burundais', a réagi Pacifique Nininahazwe, un de ses dirigeants, passé dans la clandestinité.

Déjà 18 morts au total

Au moins dix-huit personnes ont été tuées lors des manifestations qui ont débuté le 26 avril, au lendemain de la désignation du président sortant comme candidat de son parti à un nouveau mandat. Faisant fi de la contestation, le président Nkurunziza avait été le premier vendredi à déposer son dossier de candidature à la présidentielle du 26 juin au siège de la Commission électorale (Céni).

/ATS
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