Les pourparlers de paix sur la Syrie s'annoncent difficiles

La Russie annonce son retrait partiel de Syrie

Photo: Keystone

Le président Vladimir Poutine a ordonné lundi le retrait de la majeure partie du contingent militaire russe déployé en Syrie, estimant qu'il avait accompli sa mission. Cette annonce surprise survient au moment où a débuté à Genève un nouveau cycle de négociations.

'J'ordonne au ministère de la Défense d'entamer à partir de demain (NDLR: mardi) le retrait de la majeure partie de nos contingents militaires de la République arabe syrienne', a déclaré M. Poutine au ministre de la Défense Sergueï Choïgou. Il a relevé que la tâche qui avait été demandée aux forces armées a été globalement accomplie.

'Néanmoins, pour permettre la surveillance de la trêve des combats, la partie russe conserve sur le territoire syrien un site de maintenance de vols', selon le communiqué du Kremlin. La présidence russe ne précise pas quels types d'aéronefs assurent cette surveillance mais depuis l'entrée en vigueur de la trêve le 27 février, les militaires russes ont eu recours à des drones.

Accord avec Assad

La décision a été annoncée après après un entretien téléphonique entre Vladimir Poutine et le chef de l'Etat syrien et le Kremlin souligne que la décision du président russe fait l'objet d'un accord avec son homologue syrien. Le régime syrien a pour sa part affirmé lundi que la Russie continuerait à le soutenir dans sa lutte contre le 'terrorisme'.

En cinq mois d'intervention, les bombardiers, avions d'attaque au sol et hélicoptères de l'armée russe ont effectué des milliers de raids aériens et visé des milliers de 'cibles terroristes'. L'armée russe a également fait étalage de toute sa puissance tirant depuis des navires de guerre déployés dans la mer Caspienne ou de sous-marins dans la mer Méditerranée.

La force de frappe russe a permis à l'armée syrienne d'engranger des victoires alors qu'elle se trouvait en mauvaise posture l'été dernier. Les Occidentaux ont toutefois accusé la Russie de privilégier, notamment durant les premiers mois, des frappes sur les rebelles plutôt que sur l'organisation djihadiste Etat islamique.

Prudence à Washington

La Maison Blanche a réagi avec prudence à l'annonce de ce retrait, jugeant prématuré de spéculer sur l'impact possible sur les négociations en cours. 'Il faudra voir exactement quelles sont les intentions de la Russie', a déclaré Josh Earnest, porte-parole du président américain Barack Obama. L'opposition syrienne a indiqué, elle, qu'elle attendait qu'il se concrétise.

L'annonce de ce retrait est intervenue alors que les discussions indirectes entre régime et opposition syriens avaient repris dans la journée à Genève. Mais dès le premier jour, le sort réservé au président Bachar al-Assad faisait déjà débat et menaçait de faire capoter le processus de paix.

/ATS
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