Les recherches reprennent après l'accident d'un TGV en Alsace

Accident de TGV: la motrice a percuté le pont avant de dérailler

Photo: Keystone

La rame d'essai du TGV qui a déraillé samedi en Alsace, faisant onze morts, a percuté un pont avant de quitter la voie et chuter de la ligne ferroviaire, selon un premier scenario publié par le parquet de Strasbourg. La présence d'enfants à bord faisait polémique.

Selon les premiers éléments de l'enquête, la motrice a 'percuté' le pont et 'le train a ensuite déraillé avant de basculer sur le talus de la ligne ferroviaire', a déclaré dimanche le procureur-adjoint du parquet de Strasbourg, Alexandre Chevrier.

Un porte-parole de la SNCF a confirmé ce premier scénario, précisant que dans le choc de l'accident, le train s'était séparé en deux. 'Le TGV a quitté la voie au niveau du pont et a percuté des rambardes de protection. Une partie des voitures est tombée dans le canal et l'autre dans un champ', a-t-il indiqué.

Plus aucun corps

En début de soirée, plus aucun corps ne se trouvait sur le site, a ajouté M. Chevrier en précisant qu'aucune nouvelle victime n'avait été retrouvée lors des recherches menées dimanche.

Le procureur-adjoint a exprimé des réserves concernant le cas supposé de cinq personnes portées disparues, évoqué samedi par les enquêteurs. 'Le problème est cette liste de personnes qui ont pu ou ne pas monter à bord. Il y a toujours un travail de recoupement: combien de passagers ont pu monter à bord et comment', a-t-il expliqué.

Les onze tués faisaient partie d'une équipe d'une cinquantaine de techniciens et cheminots à bord de la rame, qui effectuait un essai sur la ligne à grande vitesse destinée à relier Paris à Strasbourg en 01H48, à partir d'avril 2016, contre 02H20 actuellement.

En raison de cet accident, la mise en service de la ligne à grande vitesse (LGV) Paris-Strasbourg, qui devait intervenir en avril 2016, sera reportée, a affirmé à Paris Jacques Rapoport, numéro deux de la Société nationale des chemins de fer (SNCF).

Enfants à bord

Un porte-parole de la SNCF a affirmé qu'il y avait 'quelques enfants' à bord de la rame. Il a ajouté 'qu'il y en a parmi les blessés', sans préciser l'importance de leurs blessures. M. Pepy a pour sa part confirmé 'la présence d'un certain nombre d'accompagnants dans la rame', dont des enfants.

'Qu'il s'agisse de cheminots ou d'accompagnants, de gens sur la liste ou de gens pas sur la liste, la SNCF assumera sa responsabilité à l'égard de toutes les victimes', a-t-il encore déclaré.

L'enquête 'permettra d'éclairer (...) qui sont ces accompagnants, pourquoi ils étaient à bord, dans quelles circonstances ils avaient été admis à monter dans cette rame', avait-il déclaré plus tôt sur France Info. 'Ca n'est pas une pratique que la SNCF reconnaît. On n'est pas dans une phase touristique ou dans une phase amicale. Un train de test est un train de test', avait-il reconnu.

Vitesse en cause ?

Selon une source proche de l'enquête, le train circulait à quelque 350 km/h au moment de l'accident. Selon le syndicat Sud Rail, ce TGV effectuait des 'essais de survitesse', avant de dérailler. Mais la SNCF 'ne confirme pas que la vitesse du train soit la cause de l'accident', a répondu son porte-parole.

A Eckwersheim (Bas-Rhin), sur les lieux de l'accident, les opérations de levage étaient toujours en cours en début de soirée. Dans la journée, à l'aide de câbles d'acier accrochés à la rame, les secouristes ont sorti de l'eau la motrice arrière et une voiture à l'aide d'une grue, sous les regard de dizaines de promeneurs médusés.

Selon les pompiers, les opérations devaient s'achever dimanche à minuit.

/ATS
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