Les végétaux s'adaptent mieux au réchauffement (étude)

Les végétaux s'adaptent mieux au réchauffement (étude)

Photo: Keystone

Les végétaux s'adaptent mieux au réchauffement climatique que ne le craignaient les scientifiques, suggère une nouvelle étude. La hausse du thermomètre n'altère pas durablement leur capacité à stocker du dioxyde de carbone (CO2).

Cette capacité des végétaux à accumuler du CO2 permet de limiter dans une certaine mesure la montée des températures du globe.

'Ce nouveau modèle ordinateur indique que certains écosystèmes émettent beaucoup moins de C02 que nous le pensions par la respiration des feuilles' la nuit sous l'effet du réchauffement, explique Kevin Griffin, un physiologiste des plantes à l'observatoire de la terre de l'université Columbia (New York). Il est le coauteur de cette recherche publiée lundi dans les Comptes rendus de l'académie américaine des sciences (PNAS).

Les scientifiques savent déjà que les plantes respirent plus vite quand il fait plus chaud. Cela faisait craindre qu'avec la montée des températures planétaires sous l'effet des émissions de CO2 provenant des activités humaines, elles ne finissent par devenir moins efficaces dans leur respiration nocturne, rejetant plus de CO2 qu'elles n'en capturent avec la photosynthèse pendant la journée sous l'effet de la lumière.

60 milliards de tonnes

Jusqu'alors les modèles climatiques prenaient comme hypothèse que la respiration des plantes ou leur rejet de CO2 durant la nuit augmentait dans les mêmes proportions que la hausse des températures.

Tous les végétaux, et notamment les forêts, absorbent environ 60 milliards de tonnes de CO2 annuellement, soit six fois ce que les humains produisent en brûlant des énergies fossiles. Cela en fait des puits de carbone essentiels pour limiter le réchauffement.

Cette nouvelle étude montre en fait que les taux d'accroissement de rejet de CO2 par les plantes, qui augmentent à court terme, se stabilisent rapidement dans toutes les régions du globe. Ces résultats entraînent une forte réduction des estimations d'émissions de CO2 par les végétaux, surtout dans les régions les plus froides, soulignent ces chercheurs.

Ces travaux suggèrent aussi que tous les végétaux ont le même mécanisme interne de contrôle de la température, une sorte de thermostat.

Toutefois, ces résultats ne signifient pas nécessairement que les nouveaux modèles climatiques, basés sur ces nouvelles données, vont projeter un moindre réchauffement dans le futur, relativise Kevin Griffin.

/ATS
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