Manifestation de « Falashas » à Tel-Aviv: une trentaine de blessés

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Photo: Keystone

Le calme est progressivement revenu aux premières heures de lundi à Tel-Aviv après une violente manifestation de 'Falachas', des juifs originaires d'Ethiopie, réprimée par la police dimanche soir. Environ 70 personnes ont été blessées.

Ces milliers de Falashas ont protesté dimanche contre les violences policières et la discrimination dont ils se disent victimes. La large diffusion dans la presse israélienne d'une vidéo montrant deux policiers en train de frapper un soldat d'origine éthiopienne en uniforme militaire avait suscité la colère de cette communauté.

Dimanche, trois jours après un rassemblement semblable à Jérusalem, qui avait fait 13 blessés, des centaines d'autres Israéliens sont venus soutenir les protestataires, brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire 'Un policier violent devrait être en prison' ou 'Nous demandons l'égalité des droits'.

Certains manifestants ont défilé les mains levées, poignets croisés, simulant des menottes.

Quelque 10'000 personnes étaient dans les rues, selon la presse israélienne, 3000 selon les forces de l'ordre. Une voiture de police a été retournée et les agents en tenue anti-émeute ont essuyé des jets de pierres, de bouteilles et de chaises. Canons à eau et grenades assourdissantes ont été utilisés pour éloigner des manifestants et les empêcher d'attaquer la mairie.

Plusieurs d'entre eux ont été arrêtés, a indiqué la porte-parole de la police, Luba Samri. Les autorités font état de 56 policiers et de 12 manifestants blessés ainsi que de 43 interpellations.

Jugements réclamés

Les manifestants avaient auparavant bloqué la circulation pendant une heure sur l'autoroute Ayalon, principale voie d'accès à la ville.

La place Rabin, théâtre de l'essentiel des heurts, s'est vidée dans la soirée, mais des petits groupes restaient mobilisés dans des rues adjacentes. Alors que la manifestation se calmait peu à peu après minuit, la police a annoncé qu'elle se montrerait moins conciliante en cas de nouvelles manifestations de ce genre.

'Je suis noir, alors je dois manifester aujourd'hui', a expliqué l'une des personnes présentes. 'Je n'ai jamais personnellement connu la violence policière, mais elle frappe ma communauté', a-t-elle dit.

Les manifestants veulent que les policiers violents soient jugés. 'Ensuite, selon un autre manifestant, nous nous occuperons de toutes les autres institutions qui entubent les Ethiopiens' en Israël.

Netanyahu s'en mêle

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé dimanche qu'il rencontrerait lundi Damas Pakada, le soldat d'origine éthiopienne battu dans la vidéo, ainsi que d'autres représentants de la communauté éthiopienne qui vit en Israël. 'Toutes les revendications seront étudiées, mais la violence et de tels troubles n'ont pas leur place', a-t-il dit, cité dans un communiqué.

Le ministre israélien de l'Economie, Naftali Bennett, est lui allé à la rencontre des manifestants là où les heurts ont eu lieu. Il a déclaré que la société israélienne faisait face à un 'sérieux examen de conscience'.

La semaine dernière, une rixe entre des policiers et un militaire d'origine éthiopienne dans un faubourg de Tel Aviv a été filmée par une caméra de surveillance. On y voit les policiers bousculer et frapper le soldat en uniforme.

A la suite de cet incident, qui a suscité une vive émotion, deux policiers ont été suspendus.

Au total, plus de 135'000 juifs d'origine éthiopienne vivent en Israël. Ils descendent de communautés restées coupées des autres juifs pendant des siècles, que les autorités religieuses d'Israël ont tardivement reconnues comme membres de la foi juive.

/ATS
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