Matteo Renzi ne craint pas « une invasion » de migrants

Matteo Renzi ne craint pas

Photo: Keystone

Le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, a assuré vendredi à son pays que les récentes arrivées de migrants ne constituaient pas 'une invasion'. Il a simultanément lancé un nouvel appel à se doter d'une stratégie européenne.

La 'saison' des traversées à partir de la Libye a démarré fort. Les premières grandes vagues de départs ont eu lieu dès la mi-mars, et jeudi le ministère italien de l'Intérieur annonçait un total de 23'739 arrivées, soit environ 4000 de plus que l'année dernière à la même date. Ces dernières années, les départs passaient de quelques milliers par mois pendant l'hiver à entre 15 et 20'000 en avril.

Vendredi, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a relevé près de 6000 arrivées en quatre jours en Italie. Et d'ajouter que parallèlement, les arrivées en Grèce avaient quasiment cessé.

A Rome, beaucoup redoutent de voir une partie du flux bloqué en Grèce se dérouter vers l'Italie, ce qui n'est pas le cas actuellement. Certains craignent aussi que des factions libyennes fassent partir davantage de migrants pour démontrer la faiblesse du nouveau gouvernement d'union.

'Les idées claires'

Ces dernières semaines, des responsables européens ont parlé de centaines de milliers de candidats au départ en Libye. 'Il n'y a pas d'invasion en cours', a toutefois assuré M. Renzi en conférence de presse. 'C'est un grand problème mais nous avons les idées claires sur la manière d'y faire face. Je ne veux pas (le) minimiser' mais 'les arrivées sont à peine plus nombreuses que l'année dernière'.

'Je le dis aux Italiens: il faut garder raison et bon sens', a-t-il insisté.

Le premier anniversaire de deux naufrages ayant fait jusqu'à 1200 morts ou disparus tombe cette semaine. Une véritable armada patrouille au large des côtes libyennes pour tenter d'empêcher de nouveaux drames.

Capacité de l'Italie

L'inquiétude porte désormais sur la capacité de l'Italie à trouver de nouvelles places dans les centres d'accueil : 29'000 demandeurs d'asile hébergés en mars 2014, 67'000 en mars 2015 et plus de 106'000 le mois dernier.

Les appels d'offres sont en cours pour des milliers de nouvelles places financées par l'Etat dans d'anciens hôtels, écoles, centres de loisirs, etc. réaménagés. Les candidatures sont nombreuses, mais les structures ne sont pas toujours à la hauteur, et surtout de nombreux élus locaux cherchent à mettre leur veto.

Les frontières existent

D'autant que la donne est différente : en 2014 et 2015, 54% des 323'000 migrants arrivés en Italie n'avaient pas déposé une demande d'asile dans ce pays. Ils poursuivaient vraisemblablement leur route vers le nord de l'Europe.

Mais la France a montré l'année dernière à Vintimille que la frontière existait encore. Et l'Autriche se prépare à boucler s'il le faut le col du Brenner, à sa frontière avec l'Italie.

'Le Brenner ne peut pas devenir un objet de compétition, les règles doivent être respectées, nous ne ferons pas semblant de rien si les règles sont violées', a prévenu M. Renzi. Mais vendredi soir, la ministre autrichienne de l'Intérieur Johanna Mikl-Leitner a néanmoins dit s'attendre 'à une hausse significative du flot migratoire via l'Italie'.

Lettre à l'UE

Selon l'agence de presse autrichienne, la ministre a écrit au commissaire européen aux migrations, Dimitris Avramopoulos, pour lui signaler que des 'mesures préparatoires adéquates' s'imposaient. Car, selon lui, 'ces routes migratoires peuvent être empruntées par des membres de groupes terroristes'.

Le système de répartition s'étant grippé, il est probable que la plupart des nouveaux arrivants resteront désormais en Italie, a estimé Luciano Gualzetti, directeur de l'ONG catholique Caritas à Milan, donnant l'exemple du foyer de Casa Suraya, ouvert en 2013.

Selon La Repubblica, le gouvernement italien prépare une lettre à l'Union européenne pour proposer une accélération de la conclusion d'accords avec les pays d'origine et la mise en place de fonds pour inciter les pays de transit à bloquer les flux.

'Il faut une stratégie globale pour ces hommes et ces femmes qui fuient la violence et la terreur. Sur l'immigration, on passe toujours du silence de mort aux sirènes d'alarme. La réalité est qu'on a compris qu'il fallait (...) intervenir sur les pays d'origine', a insisté M. Renzi.

/ATS
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