Moscou accuse la coalition de retarder la fin du conflit

Moscou accuse la coalition de retarder la fin du conflit

Photo: Keystone

Le ministre russe de la Défense a accusé mardi la coalition internationale de 'retarder indéfiniment' la perspective d'un règlement politique du conflit faute de contrôler les rebelles syriens. De son côté, l'ONU a dénoncé de possibles crimes de guerre à Alep.

La coalition internationale menée par les Etats-Unis 'met des bâtons dans les roues' des opérations militaires russes en Syrie', a déclaré Sergueï Choïgou lors d'un briefing de l'état-major russe. 'Résultat, la perspective d'un début de règlement politique et d'un retour du peuple syrien à une vie pacifique est retardée indéfiniment.'

Le ministre a accusé les rebelles de tirer chaque jour sur 'des dizaines de civils' qui essaient d'utiliser les couloirs humanitaires mis en place par la Russie pour permettre aux civils et aux blessés de sortir d'Alep-est. Cette partie de la ville est aux mains des rebelles depuis 2012 et assiégée depuis plusieurs mois.

Moscou mène depuis plus d'un an une campagne de frappes aériennes en Syrie en soutien au régime du président Bachar al-Assad. Le 22 septembre, l'armée syrienne a lancé une vaste offensive pour s'emparer des quartiers est de la seconde ville syrienne, Alep, avec l'appui de son allié russe.

Menace russe

La Russie a interrompu ses bombardements aériens à Alep le 18 octobre dans le cadre d'une 'pause humanitaire', censée permettre l'évacuation des civils et des blessés et le retrait des combattants. Mais les huit couloirs humanitaires créés à ces fins sont restés quasiment déserts.

Les insurgés ont pour leur part lancé vendredi une contre-offensive pour tenter de rompre le siège des forces gouvernementales. Vladimir Poutine avait averti le mois dernier que l'attitude de l'aviation russe dépendrait de celle des rebelles et de leurs alliés occidentaux.

'Pour le moment, la pause se poursuit, l'évacuation de la population civile d'Alep est rendue possible, les conditions sont créées pour (l'acheminement de) l'aide humanitaire. Mais tout cela est impossible si les terroristes continuent à tirer sur les quartiers, sur les corridors humanitaires, à lancer des offensives et à se cacher derrière des boucliers (humains)', a souligné mardi Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin.

Dizaines de civils tués

Interviewé lundi soir à Genève par l'AFP, Khaled Khoja, un des membres influents du Haut comité des négociations (HCN) - qui rassemble les principaux représentants de l'opposition et de la rébellion syriennes - a rejeté les accusations disant que l'opposition tirait sur les civils dans Alep-ouest, affirmant que 'le HCN n'accepte pas que des civils soient pris pour cible'.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les tirs de roquettes et d'obus venant des quartiers rebelles ont tué 51 civils, dont 18 enfants, depuis vendredi.

Mardi, l'ONU a indiqué que les frappes de l'opposition sur Alep-ouest samedi et dimanche pourraient constituer des 'crimes de guerre'. Selon les Nations-Unies, les violences ont tué plus de 30 civils dont 10 enfants.

Le gouvernement et la Russie sont eux aussi accusés de possibles crimes de guerre, a précisé l'ONU. Leurs attaques contre la partie orientale de la ville ont fait au moins 12 tués, dont deux enfants.

/ATS
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