Possibles crimes de guerre en Libye depuis début 2014

Possibles crimes de guerre en Libye depuis début 2014

Photo: Keystone

Les violations des droits humains en Libye ont été généralisées depuis début 2014. Certaines pourraient 'constituer des crimes de guerre', dit le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Zeid Raad Al Hussein, dans un rapport publié jeudi à Genève.

Des homicides illégaux ont été signalés dans toutes les zones de conflit. Ils sont attribués à la plupart des principaux groupes armés. Des personnes ont été exécutées en captivité.

De nombreuses attaques indiscriminées ont été menées, notamment à Benghazi, Tripoli, Warshafana. Les civils, mais aussi le personnel de santé et les travailleurs humanitaires n'ont pas été suffisamment protégés, selon l'ONU.

Le recours à la torture est généralisé et a provoqué plusieurs décès. Des milliers de personnes sont elles détenues arbitrairement depuis plusieurs années. Les parties sont également responsables de disparitions.

Plusieurs femmes tuées

De nombreuses militantes sont menacées ou agressées. Parmi elles, les militantes réputées Salwa Bugaighis, Fareeha Al-Berkawi et Intissar Al-Hasaeri ont notamment été assassinées. Les violences sexuelles ont été très difficilement documentées en raison de la situation des victimes.

Les défenseurs des droits humains, dont certains ont dû fuir, et les journalistes ont aussi été ciblés. Les migrants sont eux exposés aux détentions arbitraires, notamment de 3245 personnes dans l'ouest du pays, au travail forcé, à l'extorsion, au trafic et aux violences sexuelles. Parmi eux, ceux qui viennent d'Afrique subsaharienne et les femmes sont particulièrement visés.

Des groupes proches de l'Etat islamique (EI) ont aussi utilisé des enfants. L'impunité continue en Libye, notamment en raison des problèmes liés au système judiciaire, a dit M. Zeid. Selon lui, des investigations 'rapides, indépendantes et crédibles' ne sont pas possibles.

Des magistrats ont eux-mêmes été tués, agressés ou enlevés et des tribunaux visés par des attentats. Les cours dans plusieurs villes ne fonctionnent plus depuis 2014. Par ailleurs, des milliers de membres des groupes armés ont été intégrés au dispositif chargé de mener les investigations.

Appel sur la CPI

Le rapport, demandé par une résolution du Conseil des droits de l'homme, recommande une action urgente pour arrêter l'extension des groupes armés et pour empêcher que des personnes responsables de violations des droits humains soient employées dans le système judiciaire. Il appelle aussi la communauté internationale à garantir à la Cour pénale internationale (CPI) les moyens de ses investigations.

La menace sur l'administration judiciaire doit être réduite et le dispositif d'investigations doit être modifié. Un programme de protection des victimes et une structure au sein des cours libyennes spécialisée sur les crimes en violation du droit international doivent être établis.

Une réunion entre acteurs libyens et internationaux contre l'impunité doit être organisée. Et les personnes liées à des violations des droits humains ou du droit international humanitaire (DIH) doivent être sanctionnées, ajoute le rapport.

/ATS
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