Près de 300 migrants défient les autorités hongroises

Près de 300 migrants défient les autorités hongroises

Photo: Keystone

Plus de 300 migrants ont entamé mardi une marche depuis Belgrade en direction de la frontière hongroise, deux jours après le référendum anti-immigration en Hongrie. Viktor Orban menace d'interdire des 'réinstallations collectives' de migrants dans son pays.

Escorté par la police, le groupe est composé de jeunes hommes, dont plusieurs ont indiqué venir d'Afghanistan. Ces migrants avaient en début de journée brièvement protesté dans le centre de Belgrade, près de la gare, contre les mesures anti-migrants de la Hongrie. Ils ont réclamé de pouvoir entrer librement sur le territoire de l'UE.

'Nous n'avons pas besoin d'eau et de nourriture, nous vous demandons d'ouvrir les frontières', lisait-on sur une pancarte.

Le nombre de migrants bloqués en Serbie a augmenté depuis que la Hongrie a adopté début juillet une loi permettant de reconduire à sa frontière les migrants arrêtés dans un rayon de 8 km sur son territoire. Selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), plus de 5500 migrants sont actuellement bloqués en Serbie, qui estime avoir une capacité d'accueil de 6 à 7000 personnes.

Le président serbe Tomislav Nikolic s'est inquiété lundi de la situation et a évoqué la nécessité 'de fermer la frontière aux migrants' si ces derniers continuaient d'affluer en Serbie sans possibilité de poursuivre leur route vers l'Europe occidentale.

Viktor Orban insiste

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a rebondi mardi, deux jours après avoir subi un semi-échec lors du référendum anti-migrants invalidé en raison d'un taux de participation trop faible. Il a annoncé qu'il allait demander au parlement de voter l'interdiction des 'réinstallations collectives' en Hongrie.

Un amendement à la Constitution établira que 'les réinstallations collectives sont interdites', a indiqué le chef de l'exécutif en conférence de presse. Il a précisé que le texte sera présenté au parlement lundi prochain pour un vote envisagé en novembre. Mais le projet d'amendement sera discuté mercredi en Conseil des ministres.

Le non aux réinstallations de réfugiés a recueilli dimanche 98,3% parmi les votants, mais avec seulement 40% de suffrages exprimés. Ce faible taux de participation a invalidé de fait cette consultation, le seuil étant fixé à 50%. Mais Viktor Orban présente au contraire depuis dimanche ce résultat comme une 'large victoire' de son camp.

L'UE fustigée

'Le résultat du référendum doit être inscrit dans la loi', a-t-il martelé mardi, répétant que 'Bruxelles ne peut prendre des décisions qui vont changer la forme de l'Etat, du territoire ou de la population d'un Etat membre', la Hongrie en l'occurrence.

Ce pays est censé accueillir 2300 demandeurs d'asile en vertu du plan européen de répartition de 160'000 demandeurs adopté par les 28 il y a un an. La Hongrie n'a proposé à ce jour aucune place d'accueil dans le cadre de ce plan qui se met en place dans l'UE.

/ATS
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