Pression sur la Grèce pour qu'elle contrôle mieux sa frontière

Migrants: la Grèce sous pression pour mieux contrôler la frontière

Photo: Keystone

Les pays de l'UE ont fait pression lundi sur la Grèce pour qu'elle contrôle mieux sa frontière avec la Turquie. Ils ont aussi demandé à Bruxelles de préparer les mesures pour permettre le maintien, si nécessaire, des contrôles frontaliers rétablis par certains Etats.

'Actuellement, ces mesures temporaires ne peuvent être prises que pour six mois. Mais l'afflux sans précédent de demandeurs d'asile (...) ne s'est pas tari', a dit devant la presse le ministre néerlandais de l'Immigration, Klaas Dijkhoff, dont le pays assure la présidence de l'Union européenne.

'Les Etats membres ont donc invité la Commission à préparer les bases légales et pratiques pour la poursuite des mesures provisoires (de contrôle aux frontières), au terme de l'article 26 du code de Schengen', a-t-il ajouté.

Six pays ont rétabli les contrôles

L'espace Schengen rassemble 26 pays, dont la Suisse. Six d'entre eux (Allemagne, Autriche, France, Danemark, Suède et Norvège) ont décidé de rétablir momentanément des contrôles à leurs frontières. Ces contrôles peuvent rester en place jusqu'en mai.

D'après la réglementation de Schengen, les vérifications temporaires aux frontières internes peuvent être prolongées pour deux ans maximum si les Etats membres estiment que des 'insuffisances graves et persistantes' dans les contrôles aux frontières extérieures de Schengen mettent en péril l'existence même de l'UE.

La décision doit être approuvée à la majorité qualifiée par les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Huit. Représentant la Suisse, le secrétaire d'Etat aux migrations Mario Gattiker a estimé qu'il n'était pas nécessaire de prendre de telles mesures, la sécurité publique n'étant pas menacée. Si tel était le cas, le Conseil fédéral réévaluerait la situation, a-t-il précisé.

Pression sur la Grèce

A Amsterdam, les ministres ont également mis la pression sur la Grèce, fermement invitée à faire plus pour contrôler l'arrivée de migrants sur son sol et menacée par certains pays d'être exclue de l'espace Schengen.

L'Autriche a mené la charge contre Athènes. 'C'est un mythe que la frontière gréco-turque ne peut pas être protégée, la marine grecque a suffisamment de capacités pour sécuriser cette frontière', a estimé sa ministre de l'Intérieur Johanna Mikl-Leitner. Si la Grèce n'agit pas, 'la frontière extérieure de l'Europe va se déplacer vers l'Europe centrale'.

D'autres pays (Allemagne, France, Italie, Espagne) ont également appelé à un renforcement du contrôle des frontières extérieures de l'UE, mais se sont refusés à agiter l'épouvantail d'une exclusion de la Grèce.

L'Allemand Thomas de Maizière a ainsi appelé Athènes à 'faire ses devoirs', tout en précisant qu'il voulait préserver l'espace Schengen dans l'état actuel. A l'instar d'autres participants, il a insisté sur une mise en oeuvre rapide de l'accord de l'UE avec la Turquie pour freiner les flux de migrants, qui n'a pas encore produit les résultats escomptés.

Appel à la solidarité

La Grèce s'est elle fermement défendue. 'La seule façon d'agir à une frontière maritime, c'est de faire des opérations de sauvetage', a insisté son ministre chargé de la politique migratoire, Iannis Mouzalas - sauf à 'laisser (les migrants) se noyer'.

Il a appelé ses homologues à plus de solidarité, notamment dans la mise en oeuvre des plans de répartition des réfugiés dans l'UE. Il a aussi accusé certains Etats de tarder à envoyer à la Grèce des gardes-frontières et le matériel qu'ils devaient lui fournir.

'On n'a jamais discuté ni d'une suspension de Schengen, ni d'une exclusion d'un membre de Schengen', a assuré une porte-parole de la Commission européenne, rappelant que ce scénario était juridiquement impossible.

Frontex à la frontière macédonienne

Les ministres ont en revanche demandé à la Commission d''explorer la possibilité pour (l'agence européenne des frontières) Frontex de fournir son assistance à la frontière entre la Macédoine et la Grèce', a précisé Klaas Dijkhoff.

Cette frontière a été le théâtre d'une rixe entre migrants lundi, provoquant un mort près du poste frontalier d'Idomeni.

/ATS
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