Programme législatif britannique à l'ombre du Brexit

Programme législatif britannique à l'ombre du Brexit

Photo: Keystone

Le gouvernement britannique a dévoilé mercredi, par la voix de la reine Elizabeth II, son programme législatif pour l'année à venir. Mais David Cameron ignore dans quelle mesure il pourra l'appliquer, dans l'attente du résultat du référendum sur l'Union européenne.

Le programme a été lu par Elizabeth II lors du très traditionnel discours de la reine devant le Parlement de Westminster, une coutume remontant à 1536. Si le fastueux protocole a été simplifié au fil des siècles, il émane toujours une atmosphère surannée de cette journée unique dans le calendrier parlementaire britannique.

Comme tous les ans, la reine a parcouru en carrosse doré le court trajet entre le palais de Buckingham et Westminster. C'était son 63e discours du genre depuis le début de son règne en 1953.

Vêtue d'une robe d'apparat et coiffée de sa couronne impériale d'apparat, sertie de près de 3000 diamants, la souveraine a ensuite lu son discours. Rédigé par le gouvernement, il présente les grandes lignes du programme législatif et marque l'ouverture de la session parlementaire annuelle.

Trêve dans les débats

Une réforme des prisons, des mesures pour lutter contre l'extrémisme ou encore la corruption figurent parmi les dossiers auxquels le gouvernement de David Cameron entend s'attaquer. 'C'est un programme résolu de réformes sociales pour offrir des opportunités et des chances de réussir à tous', a commenté le Premier ministre conservateur David Cameron dans un communiqué.

Le discours de la reine a permis de marquer une trêve dans les débats extrêmement tendus au Royaume-Uni sur son avenir au sein de l'Union européenne. Mais elle risque d'être de courte durée.

A cinq semaines du référendum du 23 juin, le pays reste déchiré, même si les partisans d'un maintien dans l'UE ont accueilli avec satisfaction la publication de plusieurs sondages. Ceux-ci leur donnent une avance sur les partisans d'un Brexit (sortie de l'UE).

Les propos s'enveniment

La tension est particulièrement vive au sein du parti conservateur. La question divise jusqu'au sein même du gouvernement, dont plusieurs ministres militent pour une scission avec l'UE, à l'encontre de la ligne préconisée par M.Cameron.

En fonction du résultat du référendum, le Premier ministre pourrait être amené soit à démissionner, soit, si le scrutin lui est favorable, à procéder à un remaniement pour se débarrasser de ses ministres les plus pro-Brexit.

En attendant, la campagne continue à s'envenimer. Le week-end dernier, le chef de file des pro-Brexit, Boris Johnson, a comparé l'action de l'UE à celle d'Adolf Hitler. Mardi, David Cameron a répliqué qu'un Brexit ferait sans doute plaisir aux djihadistes de l'État islamique.

/ATS
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