Progrès des progouvernementaux face à l'EI en Libye

Progrès des progouvernementaux face à l'EI en Libye

Photo: Keystone

Les forces progouvernementales progressaient mardi dans le centre de Syrte, principal fief du groupe Etat islamique (EI) en Libye. Elles resserrent davantage l'étau autour des djihadistes, cibles de frappes américaines.

Lundi, les avions de combat américains ont mené leurs premiers raids contre des positions de l'EI à Syrte à la demande du gouvernement d'union nationale (GNA). Les forces de ce dernier peinent à reconquérir le bastion djihadiste situé à 450 km à l'est de la capitale Tripoli.

Les Etats-Unis, qui frappent l'EI en Irak et en Syrie depuis 2014, ont maintes fois affirmé leur volonté de 'détruire' ce groupe ultraradical. Ces derniers mois, ils avaient mené des frappes ciblées contre l'EI ailleurs en Libye.

Lundi, 'les forces pro-GNA ont pris le contrôle total du quartier al-Dollar dans le centre de Syrie après leur assaut lancé dimanche', selon un communiqué mardi des forces pro-GNA, qui ont fait état de cinq morts dans leurs rangs.

Appui aérien

Les combats se déroulent actuellement dans un secteur situé entre le quartier al-Dollar et le centre de conférence de Ouagadougou, quartier général de l'EI à Syrte, a-t-il ajouté, sans faire état de frappes américaines mardi.

La percée des progouvernementaux est intervenue quelques heures après que le chef du GNA Fayez al-Sarraj et le Pentagone ont annoncé les frappes américaines à Syrte.

Les forces pro-GNA 'ont besoin d'appui aérien car même si elles disposent d'une force aérienne, elle n'est pas comparable au soutien que peuvent leur fournir les Etats-unis. Cela aura évidemment des implications d'ordre politique car montrer que l'on a un soutien externe, ça compte en Libye', dit Mattia Toaldo, du groupe de réflexion European Council on Foreign Relations.

Respect du droit

Sans critiquer directement les frappes américaines en Libye, le ministère russe des Affaires étrangères a appelé à agir 'en stricte conformité avec le droit international' et à une 'coordination étroite' dans la lutte contre l'EI.

En près de trois mois, plus de 300 membres des forces gouvernementales ont été tués et 1500 blessés, selon des sources médicales à Misrata (200 km à l'est de Tripoli), siège du commandement de l'offensive pour la reprise de Syrte.

C'est dans ce siège que M. Sarraj s'est rendu lundi soir. Il a promis de 'mettre tous les moyens à la disposition' des forces combattant l'EI à Syrte pour vaincre le groupe djihadiste.

Pas de présence étrangère

Les Etats-Unis ont indiqué que les raids contre l'EI à Syrte se poursuivraient, mais M. Sarraj a souligné qu'ils seraient 'limités dans le temps' et 'ne dépasseraient pas Syrte et sa banlieue'.

'La grande question est de savoir si les Etats-Unis comptent poursuivre les frappes. Une frappe isolée est une chose, un effort soutenu - ce qui signifie l'extension de la campagne anti-EI de la Syrie et l'Irak vers l'Afrique du Nord - est tout autre', selon M. Toaldo.

M. Sarraj, en admettant avoir demandé l'aide américaine, a néanmoins souligné 'qu'il n'y aura aucune présence étrangère sur le sol libyen'. La maison Blanche a confirmé que cette aide 'se limitera aux frappes et au partage de renseignements'.

/ATS
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