Projet d'attentat contre des églises déjoué en région parisienne

Projet d'attentat contre des églises déjoué en région parisienne

Photo: Keystone

Un Algérien de 24 ans, arrêté dimanche à Paris, est soupçonné d'avoir voulu préparer un attentat contre une ou deux églises à Villejuif, près de Paris. L'attaque devait viser 'les catholiques de France', a dit le Premier ministre Manuel Valls.

'Une documentation fournie a été découverte établissant sans ambiguïté que l'individu projetait un attentat, vraisemblablement contre une ou deux églises', a précisé le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. 'Dimanche matin, cet attentat a été évité', a-t-il poursuivi.

Selon le procureur de Paris, François Molins, le jeune homme 'était en contact avec une autre personne pouvant se trouver en Syrie, avec laquelle il échangeait sur les modalités de commission d'un attentat, ce dernier lui demandant explicitement de cibler particulièrement une église'.

'Vouloir s'en prendre à une église, c'est s'en prendre à un symbole de la France, c'est l'essence même de la France qu'on a sans doute voulu viser', s'est écrié en fin de journée Manuel Valls, présent à Villejuif.

Des armes de guerre

Le ressortissant algérien a été appréhendé dans le XIIIe arrondissement de Paris après avoir appelé le Service d'aide médicale urgente (SAMU) pour une blessure par balle à la jambe. D'après ses déclarations, il se serait blessé à la suite d'une mauvaise manipulation.

'Lors de ses auditions, le gardé à vue a fait des déclarations fantaisistes', expliquant notamment qu'il disposait de nombreuses armes et qu'il avait décidé 'subitement' de s'en débarrasser, a indiqué François Molins mercredi lors d'un point de presse.

'Il est depuis enfermé dans un mutisme complet, invoquant son droit au silence', a-t-il dit. Un 'arsenal' composé de plusieurs armes de guerre, d'armes de poing, de munitions, de gilets pare-balles et de gilets tactiques a été découvert dans son véhicule et à son domicile parisien.

Les policiers ont aussi saisi des documents en langue arabe évoquant les organisations terroristes Al-Qaïda et Etat islamique.

Impliqué dans un meurtre

Le suspect est également soupçonné du meurtre d'une jeune femme retrouvée assassinée dimanche matin dans sa voiture à Villejuif. Des éléments l'impliquent 'clairement'. La victime, professeure de fitness, était en stage dans la région parisienne.

L'ADN du suspect a été retrouvé à bord du véhicule de la jeune femme, tuée par une balle qui aurait été tirée avec un des revolvers saisis chez l'individu. Le procureur a toutefois ajouté qu'aucune hypothèse n'est à ce jour privilégiée sur 'les raisons de ce geste criminel.'

Six jours

La garde à vue de l'étudiant pourrait être prolongée pour atteindre la durée exceptionnelle de six jours au regard 'des risques avérés d'action violente'. Les investigations vont maintenant se poursuivre pour déterminer s'il a bénéficié de complicités, ses sources de financement et la provenance des armes saisies, selon la justice.

Une personne de l'entourage du suspect a également été placée en garde à vue mercredi matin après une opération menée à Saint-Dizier, dans le département de Haute-Marne, où résident ses parents.

Fiché par la police

L'Algérien arrêté dimanche, qui a vécu une première fois en France de 2001 à 2003 avant de rejoindre l'Algérie, d'où il était revenu en 2010, faisait l'objet d'une fiche à la Direction générale de la sécurité intérieure.

Des vérifications ont été effectuées en 2014 et cette année mais 'sans révéler d'éléments susceptibles de justifier l'ouverture d'une enquête judiciaire, a encore précisé le ministre de l'Intérieur.

Interrogé sur une possible défaillance des renseignements, le porte-parole du gouvernement de Manuel Valls, Stéphane Le Foll, a souligné que 'rien ne permettait à l'époque de l'arrêter'.

/ATS
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