Référendum hongrois invalidé en raison d'une participation faible

Le référendum de Viktor Orban invalidé par l'abstention

Photo: Keystone

Le référendum de dimanche en Hongrie pour contester la politique de relocalisation des migrants au sein de l'UE a recueilli 98,32% de suffrages. Mais ce vote est être invalidé car seuls 39,9% des inscrits se sont exprimés. Un seuil de 50% était nécessaire.

Au terme d'une campagne contre les migrants qui a mobilisé tout le camp du pouvoir et les médias proches du gouvernement pendant des semaines, le Premier ministre conservateur Viktor Orban a refusé d'y voir un échec. Et celui qui est aussi à la tête du parti au pouvoir le Fidesz d'estimer que les responsables de l'Union européenne (UE) devaient tenir compte de ce résultat 'remarquable'.

Car il y a eu plus de Hongrois qui ont rejeté les quotas de migrants que de Hongrois qui ont voté pour l'adhésion à l'UE lors du référendum sur le sujet en 2003, a-t-il argué, lors d'une conférence de presse. Environ 3'249'000 personnes ont rejeté les quotas de migrants et 3'056'000 électeurs ont dit oui à l'entrée dans l'UE qui s'est faite l'année suivante.

'Bruxelles ou Budapest, telle était la question, et nous avons dit Budapest. Nous avons décidé que la question (migratoire) relevait de la juridiction de la Hongrie', a-t-il ajouté. 'Les Européens ne peuvent pas ignorer la volonté de 98,3% des électeurs' hongrois'.

Force légale

Le Premier ministre entend ainsi donner force légale au vote des électeurs en proposant 'un changement constitutionnel pour refléter la volonté du peuple', selon ses déclarations dimanche soir.

Anticipant une possible victoire contrariée par l'abstention, Viktor Orban n'a cessé récemment d'insister sur le fait que la priorité était le pourcentage atteint par le non. Les dirigeants du Fidesz ont d'ailleurs crié victoire dimanche soir.

'Il veut continuer la bataille', mais 'sur la scène internationale, c'est une défaite', analyse pour l'AFP Bulcsu Hunyadi, de l'institut Political Capital. Selon lui, 'la position d'Orban à la table des négociations est affaiblie'.

Le dirigeant du parti d'extrême droite Jobbik, Gabor Vona, seul véritable rival du Fidesz de M. Orban en vue des législatives de 2018, a lui appelé, après les résultats, à la démission du Premier ministre.

Pas à la carte

La Hongrie est censée accueillir au moins 1294 migrants en vertu du plan européen de répartition de 160'000 demandeurs d'asile adopté voici une année. Celui-ci est toutefois largement resté lettre morte car seulement quelques milliers de migrants ont pu être 'relocalisés'. Le pays souhaitait par ce référendum s'affranchir de toute obligation de contribuer à l'effort européen.

Les responsables européens ont à plusieurs reprises averti que cette solidarité n'était pas à la carte. Mais ils ont peu de moyens de forcer Budapest à remplir ses engagements, alors même que le plan de relocalisation est contesté par d'autres Etats membres et est mis en oeuvre dans la douleur.

'Campagne de peur'

Les électeurs étaient appelés à répondre à la question: 'Voulez-vous que l'Union européenne décrète une relocalisation obligatoire de citoyens non-hongrois en Hongrie sans l'approbation du Parlement hongrois?'.

L'opposition et les ONG de défense des droits de l'homme avaient appelé au boycott ou au vote nul dénonçant une 'campagne de peur' dans un pays qui a vu transiter 400'000 migrants durant la crise de l'année 2015 et a dressé des barbelés à ses frontières avec la Serbie et la Croatie.

/ATS
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