Réfugiés: Juncker appelle l'UE à des actions audacieuses

Réfugiés: Juncker demande

Photo: Keystone

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a rappelé mercredi les Etats membres de l'UE à leur obligation de défendre leurs valeurs. Il les a exhortés à se répartir immédiatement 160'000 réfugiés fuyant la guerre. Plusieurs pays ont déjà accepté.

'Ce n'est pas l'heure d'avoir peur': à Strasbourg, M. Juncker a demandé aux Européens de faire preuve d'audace et de solidarité. 'C'est le moment de faire preuve de dignité humaine', a-t-il affirmé.

Devant le parlement européen, M. Juncker a souhaité que les Vingt-Huit adoptent sa proposition lors de la réunion des ministres de l'intérieur et de la justice de l'UE prévue lundi prochain.

Le chiffre avancé par le président de la Commission correspond à l'addition d'une précédente proposition de répartir 40'000 réfugiés arrivés sur le sol européen, avec une nouvelle proposition d'urgence portant sur 120'000 personnes se trouvant actuellement en Italie, en Grèce et en Hongrie.

Madrid et Varsovie acceptent

A Berlin, la chancelière allemande a martelé qu'elle voulait une répartition 'contraignante' des réfugiés, quitte à bousculer sérieusement les plus réticents de ses partenaires européens. Elle a aussi proposé une réunion du G7 et de plusieurs pays arabes pour débloquer des fonds en faveur des réfugiés originaires de Syrie installés dans des camps dans des pays voisins.

L'option des quotas place l'Allemagne en première ligne (environ 26% du total), suivie de la France (20%) et de l'Espagne (12%). Réservée par le passé sur l'idée de quotas, Madrid s'y est finalement ralliée, annonçant qu'elle accepterait 14'931 réfugiés comme proposé par la Commission, qui s'ajoutent à 2749 autres déjà comptabilisés. La Pologne et la Lituanie ont aussi accepté les propositions de la Commission.

'Niet' de Cameron

Dans le camp des opposants, le Premier ministre britannique David Cameron a répété mercredi qu'il ne voulait pas entendre parler de quotas de réfugiés. 'L'Europe doit trouver ses propres réponses pour les pays qui font partie de Schengen. Le Royaume-Uni, qui dispose de ses propres frontières, a la possibilité de prendre des décisions souveraines', a-t-il déclaré devant le Parlement à Londres.

Plusieurs pays d'Europe centrale - République tchèque, Hongrie, Slovaquie - sont également vent debout contre cette répartition. Le Premier ministre tchèque Bohuslav Sobotka estime que l'Europe doit mettre en place les mesures déjà approuvées pour faire face à cette crise avant d'échafauder de nouveaux plans.

Et le Premier ministre slovaque a une nouvelle fois refusé ce système de répartition, affirmant qu'il ne voulait pas 'se prosterner' devant l'Allemagne ou la France.

Effort australien

Signe de l'écho de cette crise au-delà de l'Europe, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a assuré que Washington allait faire un effort pour accueillir des réfugiés syriens: il y en aura entre 5000 et 8000 aux Etats-Unis à l'automne 2016, alors que Washington s'en tenait jusqu'à présent aux 1500 accueillis depuis 2011.

Le Premier ministre australien Tony Abbott a annoncé le prochain accueil de 12'000 réfugiés en plus des 13'500 acceptés chaque année. Plusieurs pays d'Amérique latine, dont le Venezuela, se sont aussi dits prêts à participer à l'effort international.

/ATS
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