Salah Abdeslam veut partir en France « le plus vite possible »

Les autorités belges en accusation, l'enquête progresse

Photo: Keystone

Le gouvernement belge a reconnu jeudi des 'erreurs' dans la lutte contre le terrorisme, refusant toutefois la démission de deux de ses ministres. Ce troisième jour de deuil a été marqué par un sombre hommage solennel aux victimes des attentats de Bruxelles.

Le Premier ministre Charles Michel, qui a promis 'toute la lumière' sur les attaques de mardi, a toutefois refusé la démission des ministres de l'Intérieur et de la Justice, Jan Jambon et Koen Geens, sous pression, après avoir admis des 'erreurs' dans la lutte antiterroriste.

'Il ne pourra pas y avoir d'impunité (...) Il ne pourra pas y avoir de zones d'ombre', a insisté M. Michel, après les attaques kamikazes qui ont fait 31 morts et 300 blessés, selon un bilan provisoire.

Dans un rare symbole d'unité pour un royaume si souvent tiraillé entre Flamands et francophones, le couple royal ainsi que les représentants des différents gouvernements et parlements du royaume, ont honoré les victimes.

Registre européen

A l'ouverture d'une réunion d'urgence des ministres de l'Intérieur et de la Justice de l'UE - à laquelle l'ambassadeur de la Suisse auprès de l'UE Robert Balzaretti a participé - le vice-président de la Commission Frans Timmermans a estimé qu'au-delà des attentats de Bruxelles, 'il y a une occasion pour les services de renseignements de travailler plus étroitement qu'ils ne le font'.

Car, au-delà des hommages, de l'angoisse et des larmes, les questions et les critiques parfois virulentes se multipliaient face à l'incapacité manifeste des Belges, et au-delà des Européens, à se protéger.

Ainsi le président français François Hollande a exhorté 'fermement' l'UE à agir contre le terrorisme en adoptant rapidement le registre européen de passagers aériens (PNR) et des mesures contre le trafic d'armes.

Depuis mardi, plusieurs responsables politiques français ont mis en cause les services de sécurité belges. Le ministre des Finances Michel Sapin avait ainsi évoqué une 'forme de naïveté' belge face à la radicalisation islamiste et au communautarisme dans certains quartiers. 'Il y a eu des erreurs à la Justice et avec l'officier de liaison (belge) en Turquie', a reconnu le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon.

Kamikazes identifiés

Le Belge Ibrahim El Bakraoui, qui s'est fait exploser mardi à l'aéroport de Bruxelles, avait été intercepté en juillet par la Turquie à la frontière syrienne puis expulsé vers les Pays-Bas, sans réaction apparente des autorités belges.

MM. Jambon et Geens, avec leur collègue des Affaires étrangères Didier Reynders, seront auditionnés vendredi après-midi par des députés réunis en commission pour s'expliquer sur ce raté.

Pour autant, l'enquête sur les pires attentats terroristes jamais commis en Belgique progresse. Il est désormais établi que les trois kamikazes identifiés sur les sites des attentats -l'aéroport international de Bruxelles et la station de métro de Maelbeek - sont directement liés aux attentats de Paris (130 morts).

Aéroport fermé

Le niveau d'alerte antiterroriste en Belgique, relevé à la catégorie maximale dans l'heure qui a suivi les attentats de Bruxelles mardi, a été abaissé jeudi soir à trois sur une échelle de quatre, a déclaré le ministre de l'Intérieur Jan Jambon.

L'aéroport restera par ailleurs fermé au trafic voyageurs jusqu'à dimanche inclus.

/ATS
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