Six candidats en lice pour la présidence autrichienne

Présidentielle en Autriche: le FPÖ s'impose au premier tour

Photo: Keystone

L'extrême droite a remporté le premier tour de l'élection présidentielle en Autriche dimanche. Les partis social-démocrate (SPÖ) et conservateur (ÖVP), réunis au sein d'une grande coalition depuis 2008, sont pour la première fois éliminés d'entrée.

Le candidat du Parti de la liberté (FPÖ), Norbert Hofer, est crédité de 36,4% des voix, réalisant le meilleur score de ce parti depuis la guerre à une élection nationale, selon les résultats officiels. Il affrontera lors du second tour, prévu le 22 mai, l'écologiste Alexander van der Bellen, qui a obtenu 20,4%.

L'indépendante Irmgad Griss, ancienne présidente de la Cour suprême, se classe troisième, avec 18,5% des suffrages. Le candidat SPÖ Rudolf Hundstorfer et le conservateur Andreas Khol sont éliminés avec 11,2% des voix chacun. Un sixième candidat, l'homme d'affaires indépendant Richard Lugner, ferme la marche.

Revers pour les grands partis

Même si la fonction du président autrichien est essentiellement honorifique, ce résultat inédit est un revers de taille pour le chancelier Werner Faymann (SPÖ) et le vice-chancelier Reinhold Mitterlehner (ÖVP), dont les mandats courent jusqu'en 2018.

Ces deux partis ont toujours contrôlé la présidence depuis la Seconde guerre mondiale, soit par un élu issu de leurs rangs, soit par un indépendant qu'ils soutenaient.

'C'est un résultat historique, qui reflète les qualités de Norbert Hofer, mais aussi une profonde insatisfaction vis-à-vis du gouvernement', a souligné le chef du FPÖ, Heinz-Christian Strache, à la télévision publique ORF.

Montée en puissance du FPÖ

Norbert Hofer, 45 ans, a mené campagne sur deux thèmes principaux, la lutte contre l'immigration et contre l'Europe. Ce discret vice-président du parlement se veut une incarnation de l'aile libérale du FPÖ, l'ancienne formation de Jörg Haider. Il a particulièrement séduit l'électorat jeune, selon les analyses.

Son avènement consacre la montée en puissance du FPÖ alors que la coalition gouvernementale est chahutée par la crise des migrants et la montée du chômage dans ce pays prospère. Le parti a déjà dépassé la barre des 30% des suffrages à plusieurs scrutins régionaux l'an passé.

Rôle protocolaire et moral

Le président autrichien ne participe pas à la gestion au quotidien du pays et est réduit d'ordinaire à un rôle protocolaire et moral. Il dispose toutefois de pouvoirs formels étendus: il est chef des armées, nomme le chancelier et peut dans certaines circonstances dissoudre le parlement.

Durant la campagne, M. Hofer a ouvertement menacé, s'il était élu, de recourir à cette possibilité si la majorité ne suivait pas ses recommandations concernant notamment le dossier des migrants. M. Van der Bellen, lui, a annoncé qu'il refuserait de nommer chancelier Heinz-Christian Strache, même si ce dernier obtenait la majorité au parlement lors des prochaines législatives.

/ATS
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