Sommet UE-Turquie pour tenter de résoudre la crise migratoire

Sommet UE-Turquie pour tenter de résoudre la crise migratoire

Photo: Keystone

L’Union européenne (UE) veut maîtriser la crise migratoire avec l'aide de la Turquie. Les dirigeants se retrouvent dès jeudi à Bruxelles pour un sommet crucial de deux jours. Ils vont tenter de conclure un accord controversé avec Ankara.

Angela Merkel a assuré la veille voir une 'première' chance de résoudre la crise migratoire grâce à cet accord. La chancelière allemande a toutefois refusé un chèque en blanc à la Turquie. Parallèlement, la Commission européenne a répondu à un des points les plus problématiques de ce plan UE-Turquie, excluant tout projet de 'renvois collectifs' vers le territoire turc.

'Je suis d'un optimisme prudent sur la possibilité de conclure un accord contraignant avec la Turquie', a déclaré mercredi soir le président de la Commission Jean-Claude Juncker au journal Handelsblatt.

'Lors du Conseil européen (jeudi et vendredi), il s'agit de savoir si nous parviendrons à trouver un accord nous donnant pour la première fois une véritable chance de solution durable et paneuropéenne sur la question des réfugiés', avait auparavant martelé Angela Merkel devant la Chambre des députés. La chancelière y a défendu l'accord dont elle est considérée comme l'architecte.

Les conditions d'Ankara

Présenté dans ses grandes lignes au début du mois, le projet prévoit notamment que la Turquie reprenne tous les migrants se rendant illégalement en Grèce. En échange, les Européens s'engagent à accueillir des réfugiés syriens se trouvant en Turquie, dans le cadre d'un mécanisme organisé.

Ankara réclame aussi une série de concessions. D'une part la relance de négociations sur son adhésion à l'UE (bloquées par la querelle autour de Chypre), et, d'autre part, une liberté de circulation de ses ressortissants en Europe. La Turquie exige aussi une aide financière deux fois plus importante que prévu.

Chypre fait pression

Sur ces points, et alors que Nicosie menace de bloquer le plan UE-Turquie, la chancelière a assuré notamment que 'l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne n'est absolument pas à l'ordre du jour'. Mme Merkel a aussi souligné que l'Europe devait rester ferme face à Ankara sur ses valeurs démocratiques, alors que le pouvoir turc est accusé de dérive autoritaire.

Pour lever la menace de blocage chypriote, Jean-Claude Juncker a reçu mercredi soir le président Nicos Anastasiades, dont le pays bloque six chapitres clés des négociations d'adhésion de la Turquie depuis 2009.

Manque de solidarité

Dans ce contexte de négociations tendues, et tandis que des dizaines de milliers de migrants sont coincés en Grèce après la fermeture de la route migratoire des Balkans, Mme Merkel a aussi critiqué le manque de solidarité de certains pays européens.

'On ne peut assez saluer ce que la Turquie fait (...) depuis des années pour 2,7 millions de réfugiés. Ce n'est pas à l'honneur de l'Europe, une union de 28 Etats avec 500 millions de citoyens, qu'elle fasse autant la difficile pour partager le fardeau', a-t-elle dit, à l'adresse de l'Europe centrale et orientale en particulier.

La chancelière a admis que son pays profitait de la fermeture de la route migratoire des Balkans par les pays concernés. Cette solution ne peut être durable, a-t-elle souligné, car elle se fait aux dépens de la Grèce.

/ATS
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