Trois morts à Diyarbakir après le meurtre d'un islamiste

Trois morts à Diyarbakir après le meurtre d'un islamiste

Photo: Keystone

Au moins trois personnes, dont le responsable d'une ONG islamiste kurde, ont été tuées mardi à Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie. A Ankara, la direction de l'AKP, arrivé en tête des élections de dimanche mais privée de sa majorité absolue, s'est réunie mardi.

Le directeur de l'ONG Ihya-Der, Aytac Baran, proche du parti islamiste kurde Huda-Par, a été abattu dans son bureau par des hommes non identifiés. Cette attaque a ensuite provoqué des heurts entre factions rivales kurdes qui ont fait deux autres tués, selon le ministère de l'Intérieur.

La police a interpellé trois personnes en possession d'armes soupçonnées d'avoir participé aux violences, a indiqué pour sa part le bureau du gouverneur local cité par les médias turcs. Au moins trois journalistes ont par ailleurs été blessés en couvrant ces affrontements, a rapporté l'agence de presse Dogan.

Ces violences sont intervenues quelques jours après l'attentat à la bombe parmi des militants du parti kurde HDP (Parti démocratique du peuple) venus assister vendredi dernier à Diyarbakir à une réunion de campagne de leur chef de file Selahattin Demirtas. Ses auteurs n'ont pas été identifiés mais le Premier ministre sortant Ahmet Davutoglu a annoncé dimanche qu'un suspect avait été interpellé.

Erdogan ambitieux

Les heurts sont réguliers entre les membres du HDP, réputés proches des rebelles du parti des travailleurs des Kurdistan (PKK), et ceux d'Huda-par, proche des mouvements islamistes.

Dimanche, le HDP a obtenu 13,1 % des voix et 80 sièges de députés lors du scrutin législatif qui a vu le parti de la justice et du développement (AKP) du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan perdre la majorité absolue qu'il détenait depuis 13 ans au parlement.

Et qu'elle s'associe au parti d'action nationaliste (MHP) ou aux laïcs du parti républicain du peuple (CHP), la direction de l'AKP devra faire face à un obstacle de taille: les ambitions de M. Erdogan.

L'ex-premier ministre islamo-conservateur, devenu en août dernier le premier président turc élu au suffrage universel direct, souhaitait que son parti remporte une majorité qualifiée pour pouvoir modifier la Constitution et l'orienter vers un régime présidentiel.

258 députés pour l'AKP

Au total, avec 258 élus seulement sur les 550 du parlement, l'AKP n'a même pas décroché la majorité simple. Et les dirigeants de l'opposition susceptibles de négocier un accord de coalition avec l'AKP ont clairement indiqué qu'ils rejetteraient toute ingérence présidentielle sur la marche du gouvernement.

'Une coalition semble inévitable, et l'AKP en sera, c'est une évidence', a confié mardi à Reuters un haut responsable du parti à son arrivée à la réunion de la formation islamo-conservatrice autour de M. Davutoglu. Le premier ministre turc a dans la foulée remis sa démission à M. Erdogan. Le chef de l'Etat devrait en principe le charger de constituer un nouveau gouvernement.

/ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.